Trente ans après le premier volet réalisé par Wes Craven, Neve Campbell et Courteney Cox reviennent à l’univers de Scream dans ce septième épisode sorti le 25 février. Réalisé par le scénariste des premiers volets, Kevin Williamson, ce retour aux sources paraît déjà obsolète.

Trente ans, ça se fête. Encore fallait-il offrir autre chose qu’un gâteau moisi ressorti pour l’occasion. Mais voilà. Certaines sagas s’accrochent désespérément à leur gloire flétrie. D’autant plus qu’ici, le projet s’est bâti sur des fondations on ne peut plus bancales.

Petit rappel. Entre 1996 et 2011, Wes Craven signe une tétralogie qui va user jusqu’à la corde son principe basé sur la mise en abîme et le cinéma méta. Le réalisateur, figure majeure du cinéma d’horreur contemporain, décède en 2015.

Une nouvelle piste abandonnée

En 2022, la franchise est relancée avec de nouveaux personnages, notamment deux sœurs essentielles incarnées à l’écran par Jenna Ortega et Melissa Barrera. Un épisode suivi par une suite, « Scream VI », sortie en 2023, le diptyque ayant le mérite de creuser une vision plus moderne centrée sur la transmission du mal et sur le fétichisme nostalgique de fans toxiques sévissant sur le web.

La piste aurait mérité un troisième volet. Sauf que… Après des publications sur les réseaux sociaux de Melissa Barrera au sujet de Gaza, l’actrice est renvoyée du septième volet. Dans la foulée, Jenna Ortega claque la porte, suivie par le cinéaste Christopher Landon, menacé de mort par des internautes. La solution la plus facile est trouvée avec le retour des responsables du succès du premier volet, soit Neve Campbell, Courteney Cox, Matthew Lillard, et Kevin Williamson, scénariste initial officiant ici derrière la caméra.

>> A écouter, l’avis des critiques cinéma de Vertigo sur le film « Scream 7 » : Film en débat : « Scream 7 » de Kevin Williamson, avec Neve Campbell, Courteney Cox / Vertigo / 6 min. / mercredi à 17:10 Un principe de répétition

En toute logique, l’entrée en matière de ce septième épisode nous emmène dans la maison de Stu Macher où a eu lieu la scène finale de « Scream 1 », transformée ici en musée interactif. Une statue du tueur masqué est animée grâce à une intelligence artificielle.

Tout est faux. Sauf que, vous vous en doutez, un vrai tueur finit par apparaître et va menacer Sidney Prescott (Neve Campbell, forcément), qui a refait sa vie sous le nom de Sidney Evans, surprotégeant sa fille, Tatum (Isabel May), 17 ans, soit l’âge de sa maman dans le premier « Scream ». Bis repetita!

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Une nostalgie stérile

Résultat! En dehors des visages que le temps a pu altérer, « Scream 7 » s’appuie sur les mêmes effets de peur, les mêmes éclairages, les mêmes costumes que le volet initial, pour un retour aux sources qui ne joue même plus sur la mise en abîme, les références, les clins d’œil. Puisque désormais, dans un monde dominé par l’intelligence artificielle et les images tronquées, la réalité n’est plus qu’un ersatz d’elle-même.

Et le public de se retrouver au cœur d’une boucle hermétique, condamnée à une nostalgie stérile, le film s’achevant d’ailleurs sur un « telle mère, telle fille », qui ne laisse aucune chance aux nouvelles générations pour s’affranchir des modèles anciens et de la tutelle de leurs parents. C’est peut-être le plus terrifiant de ce « Scream 7 » qui laisse l’impression un peu triste d’être déjà obsolète.

Rafael Wolf/sc

« Scream 7 » de Kevin Williamson, avec Neve Campbell, Courteney Cox, Matthew Lillard, Isabel May. A voir dans les salles romandes depuis le 25 février 2026.