Tout avait pourtant bien commencé. Dès 15 h, place de la Liberté, à Brest, environ 200 personnes étaient réunies, ce samedi 28 février 2026, en soutien à l’Ukraine. Quatre ans et quatre jours après le début de la guerre, Brestois et réfugiés ukrainien étaient réunis comme chaque année pour commémorer « cette date horrible. C’est déjà la cinquième fois », a rappelé Svitlana Jestin, coprésidente avec Kris Galès de l’association Iroise Ukraine à Brest.
Une tournure politique
C’est quand cette dernière a appelé pour venir parler à la tribune Jean-Charles Larsonneur que l’ambiance a légèrement changé pour une partie de l’assistance. En effet, parmi les participants à la manifestation, de nombreuses figures politiques étaient venues apporter leur soutien.
Au micro, l’ancien député de Brest centre, a rappelé son soutien à la cause en tant qu’élu puis simple citoyen « et désormais en tant que citoyen engagé sur une liste pour les élections municipales à Brest ». Une incursion de la campagne municipale pas du goût de tout le monde. Des huées se sont fait entendre : « C’est honteux ! Comment c’est possible ? ».
Les militants de la liste « La gauche unie » de François Cuillandre ont quitté la manifestation en protestation avec la prise de parole de l’ancien député Jean-Charles Larsonneur, troisième sur la liste concurrente de Réza Salami. (Capture d’écran Tébéo/Enora Le Notre)
Plusieurs membres de la liste Unie pour la gauche, Karelle Hermenier, Sandrine Perhirin, Tifenn Quiguer en tête, ont décidé de quitter la manifestation, suivies d’une vingtaine de militants. Ils se sont ainsi absentés le temps de la prise de parole du colistier de Réza Salami. Ce dernier était également présent à la manifestation, tout comme l’actuel député de Brest centre, Pierre-Yves Cadalen.
Danses et témoignages
Le reste de la cérémonie s’est déroulé normalement. Un peu plus tôt, Kris Galès avait partagé son expérience d’une nuit sous la menace des drones kamikazes russes, en septembre 2025. « Ils ont survolé mon hôtel et le quartier de 3 h 30 à 4 h. Je n’ai pas vraiment dormi », a-t-il raconté, rappelant que c’était, depuis quatre ans, le quotidien des Ukrainiens.
Lana Udod et sa fille Olena, réfugiées appartenant à la troupe Tanok, ont dansé sur le parvis de la place de la Liberté, à Brest, pendant la manifestation commérant quatre ans de guerre en Ukraine. (Photo Le Télégramme/Isabelle Jaffré)