Cela fait déjà quatre ans que notre pays est en pleine guerre, et pour moi qui suis de Donetsk, cette guerre a commencé en 2014 », résume tristement Olga, arrivée à Brest en 2022, après être passée par Nancy. Au début, on a beaucoup pleuré. Puis on s’est endurcis petit à petit. On regarde les infos. On attend la fin, mais… L’émotion est palpable. Elle travaille à l’UBO. Ça m’aide à occuper ma tête, reconnaît cette jeune femme de 34 ans.

Les premières mesures du bagad de Porspoder, venu soutenir l’association Iroise-Ukraine, organisatrice de cette commémoration, se font entendre. Des airs en hommage aux soldats et l’hymne ukrainien.

La prise de paroles de Svitlana Jestin, présidente d’Iroise Ukraine, est attendue par les quelque 200 personnes, massées sur la place en demi-cercle. Empathie, solidarité, engagement ; ils sont là à titres divers, mais en toute sincérité. Nous ne devons jamais oublier cette date horrible du début de l’invasion, commence-t-elle. La guerre qui prend beaucoup de vies aujourd’hui. Nous n’oublions pas ces gens courageux qui se battent pour la vie de leurs enfants et celle de tout le monde. Elle remercie le bagad pour son soutien fidèle. C’est très touchant d’entendre notre hymne joué avec des instruments bretons.

 La guerre est entrée dans nos maisons 

On sent de la douleur dans son discours, On ne dort plus, le rappel d’une vie avant et après. Mais l’Ukraine se bat pour son existence et celle de l’Europe, pour protéger l’idée même de la liberté », souligne-t-elle avec force.

La danse est une métaphore puissante pour faire ressortir les situations et les émotions vécues là-bas. Quatre jeunes femmes de la troupe de danses traditionnelles ukrainiennes Tanok racontent leur pays. Elles sont toutes des réfugiées. En nous retrouvant ici à Brest, on a décidé de chorégraphier la guerre qui est entrée dans nos maisons, résume Lana. On a juste pris deux valises et on est parties avec ma fille Olena. Mais le message se veut universel. C’est aussi l’histoire de millions de gens et d’enfants ukrainiens, obligés de reconstruire la vie à partir de rien. Elles se mettent à danser sous le soleil qui réchauffe les cœurs sans gommer le drame.