Le parcours médical de Jessica, victime de complications post-cancer, est un véritable calvaire. Malgré 22 opérations et une dépendance totale, la Sécurité sociale espagnole refuse de reconnaître son invalidité totale. Aujourd’hui, elle doit survivre avec une pension dérisoire de 639 euros par mois.

Le corps de Jessica Mel, une habitante de Cadix (Andalousie, sud de l’Espagne) âgée de 46 ans, raconte une histoire de douleur et de résilience que personne ne devrait avoir à vivre. Après avoir travaillé pendant dix-neuf ans comme coiffeuse à domicile, cette mère de famille traverse aujourd’hui une épreuve extrêmement difficile. Tout a basculé en 2020 avec un diagnostic de cancer du sein, mais ce qui devait être un parcours de soins vers la guérison s’est transformé en une spirale infernale de vingt-deux interventions chirurgicales et de complications qui, selon ses dires, l’ont « enterrée vivante ».

Le parcours médical de Jessica est une succession de traumatismes physiques. Après une double mastectomie, elle a subi de multiples rejets de prothèses et d’expandeurs dus à des infections récurrentes, obligeant les chirurgiens à reconstruire sa poitrine avec des tissus prélevés sur son propre dos. Cette procédure a malheureusement entraîné une déchirure du muscle supra-épineux et une paralysie de son bras droit. Sa situation s’est encore aggravée en mai 2023 lors d’une opération gynécologique pour le retrait de l’utérus et des ovaires. Jessica affirme à la chaîne Telecinco avoir subi des perforations de la vessie et du vagin, ainsi qu’une section du nerf pudendal. Ces lésions l’ont plongée dans une dépendance totale, souffrant d’incontinence urinaire permanente et de douleurs neuropathiques chroniques qui irradient de ses reins jusqu’à ses jambes.

Au-delà de la souffrance physique, Jessica se heurte à une barrière administrative qu’elle juge humiliante. L’Institut espagnol de la sécurité sociale lui refuse l’invalidité totale et permanente, ne reconnaissant que ses séquelles au sein gauche pour lui octroyer une pension de 639 euros par mois. Cette somme dérisoire doit couvrir son crédit immobilier, ses prêts et des frais médicaux exorbitants, incluant des couches et des traitements antibiotiques de longue durée dont elle doit désormais assumer 10 % du coût. Pour cette femme qui a cotisé durant près de deux décennies, cette décision est une injustice profonde qui ignore les rapports d’experts documentant ses troubles urologiques et neuropathiques.

Incapable de bouger les bras, le quotidien de Jessica est aujourd’hui rythmé par l’aide indispensable de ses enfants. Son fils de quatorze ans l’aide à changer ses couches, tandis que sa fille s’occupe de sa toilette et de sa coiffure. Malgré sa reconnaissance officielle en tant que personne dépendante, l’aide à domicile promise pour la mi-février n’est jamais arrivée, la laissant seule face à ses drains après sa dernière opération. Désespérée, elle a tenté d’interpeller les responsables politiques andalous et le médiateur de la Sécurité sociale espagnole, mais la justice lui a fixé un rendez-vous pour une audience en juin 2027, une échéance qui semble une éternité pour quelqu’un dont chaque matin est un nouveau combat. Jessica ne demande pas la charité, mais simplement la reconnaissance d’un système pour lequel elle a travaillé toute sa vie, afin de ne plus avoir à choisir entre se soigner et élever ses enfants.