C’est le rendez-vous que redoutent ou attendent les présidents d’université chaque année. Le classement de l’Etudiant, basé sur les données du ministère, analyse la capacité des établissements à mener leurs étudiants jusqu’au bout du cursus.

Le constat global est plutôt morose : au niveau national, seul 31,8 % des étudiants valident leur licence en trois ans. C’est une érosion constante qui s’accélère. Pire, le taux de réussite après quatre ans (en comptant un redoublement) chute lourdement à 39 %, contre plus de 45 % l’année dernière. Dans ce paysage chahuté, l’Université de Haute-Alsace caracole toujours en tête (18,4/20), mais qu’en est-il de nos campus méridionaux ?

 

Montpellier tire son épingle du jeu (mais stagne)

 

Côté Langeudoc,  c’est l’Université de Montpellier qui s’en sort le mieux avec une 32e place nationale et une note de 8,4/20.

Avec un taux de réussite en trois ans de 35,4 %, elle fait mieux que la moyenne française. Cependant, le bât blesse sur la « valeur ajoutée » : le score est de -4 sur la réussite en quatre ans. Cela signifie que l’université, compte tenu du profil de ses étudiants à l’entrée, fait un peu moins bien que ce que les algorithmes du ministère prédisaient.

Juste derrière, sa voisine littéraire, Paul-Valéry Montpellier 3, se classe 41e avec 7,3/20. Si son taux de réussite brut est plus faible (29,7 % en trois ans), elle affiche une valeur ajoutée positive (+0,6). En clair : elle parvient à faire réussir des profils parfois plus fragiles.

 

Perpignan, Avignon, Nîmes : le dur apprentissage du classement

 

Plus on descend dans le tableau, plus la situation se complexifie pour les universités de taille moyenne :

  • Perpignan (UPVD) : À la 45e place (7,1/20),  34,6 % des élèves décrochent leur diplôme en trois ou quatres ans.
  • Avignon Université : Elle occupe la 56e position (6,5/20). Ici, environ un étudiant sur trois (32,8 %) décroche son diplôme en trois ou quatre ans.
  • Université de Nîmes : En queue de peloton régional à la 61e place (5,3/20), l’établissement nîmois affiche un taux de réussite en trois ans de seulement 21,6 %. Un chiffre qui illustre la difficulté de la transition lycée-fac dans certains secteurs.

 

Comprendre les critères

 

Pour ce cru 2026, l’Etudiant s’appuie sur trois piliers :

  • Le taux de réussite en 3 ans (le cursus « normal »).
  • Le taux de réussite en 4 ans (prenant en compte le droit à l’erreur/redoublement).
  • La valeur ajoutée : c’est l’indicateur le plus juste. Il compare les résultats réels de la fac avec les résultats « espérés » par le ministère selon l’origine sociale et les notes au bac des inscrits.

Bon à savoir : Si vous visez une filière spécifique, n’hésitez pas à regarder les classements thématiques (Economie, STAPS, Sciences…). Une université peut être moyenne au général mais excellente dans un domaine précis.