Jeans brut, tee-shirt noir et cheveux à moitié dégarnis en bataille, c’est en toute simplicité mais avec une énergie survoltée que Fabrice Éboué arrive sur la scène du Dôme, à Marseille… « Je n’ai jamais vu une salle comme ça ! Les gens arrivent en retard, avec leur nourriture à la main et ça ne leur pose aucun problème », plaisante-t-il. Après un moment d’interaction avec le public, quelques réflexions sur son projet capillaire, il s’adonne à ce qu’il fait de mieux : l’ironie, l’humour noir, et frappe là où ça fait rire.

Avec son ton sec, parfois brutal, et son regard malicieux, il ne mâche pas ses mots et se dresse contre la société actuelle. Celle des réseaux sociaux et de la bien-pensance qui semble un tantinet l’exaspérer.

« C’est de la faute des écrans », assure-t-il. Et c’est tout le sens de Solitudes, les solitudes des générations qui ne se comprennent plus tout à fait, celles des hommes et des femmes face aux nouvelles normes, et celles aussi de l’artiste qui a soufflé ses 48 bougies. L’humoriste, acteur, scénariste et metteur en scène révélé dans la première saison du Jamel Comedy Club nous plonge dans son intimité. Il évoque des choses inavouables – comme ne pas aimer un copain de son fils – qui, aux rires des spectateurs, semblent parler à tous.

« Ce soir, Fabrice Éboué nous prouve qu’on peut rire de tout. Et ça fait du bien ! « , se réjouit cette bande de copains qui a ri du début à la fin. « On le connaissait dans ses films comme Case Départ ou Barbaque mais on ne l’avait jamais vu sur scène. Et c’est hilarant. » Est-ce qu’il va trop loin dans ses vannes et ses punchlines ? « C’est pour ça qu’on l’aime » répondent-ils. Et comme il est révolté, l’ancien acolyte de Thomas Ngijol nous fait un petit cours de masculinisme puis de militantisme dans ce spectacle construit en rappel. Certaines drôleries du début trouvent un écho plus tard dans ce one man show qui ne laisse rien au hasard. Politique étrangère, faits divers, relation de couple, rapport à la drogue… Il dépeint des situations familières, parfois dramatiques et les transforme en moments de comédie acérée. « On se reconnaît tous dans les situations qu’il évoque, directement ou indirectement », confie ce couple de quinquagénaires, au milieu d’un public très jeune. « J’ai fait des interventions sur la plateforme Twitch, alors ça a rajeuni mon public », constate l’artiste qui a su transcender les générations. Et pour ceux qui auraient raté la séance de rires aux éclats, Fabrice Éboué sera de retour au Dôme de Marseille le 18 mars prochain.