Par

Aline Chatel

Publié le

28 févr. 2026 à 19h09

Yann M’Vila en avait gros sur la patate, samedi 28 février 2026, après la nouvelle défaite du Stade Malherbe Caen sur la pelouse de Valenciennes (2-1). Le capitaine du onzième de National s’est livré sans faux-semblant dans les couloirs du stade du Hainaut. N’épargnant personne au passage. 

Yann, ça fait mal de vous voir livrer un match comme celui-ci contre Valenciennes ?

Oui, ça fait mal, complètement. Le MNK s’était mobilisé. On a foiré. On a surtout foiré notre première mi-temps, durant laquelle on prend deux buts idiots. Valenciennes joue bien le coup, mais au début de l’action, c’est toujours une perte de balle de notre part. Ils n’avaient pas grand-chose et on leur a donné ces deux situations. Ils ont bien fini, c’est la différence entre eux et nous sur ce match. On a eu quand même des occasions, on ne les a pas concrétisées. Ils ont été très efficaces.

Ces erreurs à répétition, n’est-ce pas tout simplement un problème de niveau individuel ?

Un problème de niveau, je ne pense pas. C’est plus un problème mental. Le foot, ce n’est pas que physique, ce n’est pas que technique. C’est aussi avoir un peu plus de QI football. Aujourd’hui, on en a un peu moins.

Le coach n’en demande-t-il pas trop à ce sujet ?

Non, parce que ce qu’il demande, c’est scolaire. Si un footballeur ne maîtrise pas ces choses, il n’a rien à faire en professionnel. 

Mais vous êtes en National…

On est en National, mais on est professionnels ! Après, tu joues en N2, en N3, ok. Il y a certaines choses qu’on ne te demandera pas. J’ai vu jouer les U17 du club, cette année. On leur demande, ils le font. Nous, on est professionnels. On est passés par des centres de formation, on regarde le foot à la télé… Ce que le coach nous demande, ce n’est pas dur. Au bout d’un moment, il faut juste avoir un peu plus de réflexion.

« Il nous manque énormément de réflexion »

Vous manquez un petit peu de réflexion ?

Un peu beaucoup, même ! On perd énormément de points parce qu’il nous manque énormément de réflexion sur le terrain. Ça se paye cash face à certaines équipes, comme Valenciennes.

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L’élan qu’on avait pu imaginer après le changement d’entraîneur, le constat est impitoyable : six points en sept matchs, beaucoup de buts encaissés, des défaites quand vous arriviez auparavant à sauver le nul. 

C’est ça qui fait mal. Si on poussait un peu plus notre réflexion, on aurait peut-être pu égaliser [contre Valenciennes]. Il y en a qui font de bonnes rentrées. Je pense à Will (Mazié), qui a deux occasions. Dans la finition, la victoire de Valenciennes est méritée. Ils ont été tueurs dans les trente derniers mètres, ce qu’on n’arrive pas à faire. 

« Oui, on est une équipe moyenne »

Les quinze points qui vous séparent du podium ne révèlent-ils pas le niveau de cette équipe, une équipe moyenne ou très moyenne de National ?

Sur le papier, on va dire que non. La réalité est différente. Oui, on est une équipe moyenne. Pas mal de monde doit se remettre en question. Les joueurs, dans un premier temps, doivent se demander ce qu’ils font bien, ce qu’ils ne font pas bien. Mais il n’y a pas que les joueurs qui doivent se remettre en question.

C’est-à-dire ?

Il n’y a pas que les joueurs. C’est tout.

En tout cas, les supporters font tout bien, a priori…

Évidemment, il n’y a rien à dire sur les supporters ! On ne va pas se mentir, ils sont gentils. J’ai joué en Grèce. Un match nul et ils venaient armés au centre d’entraînement. Ça me fait chier pour eux, parce qu’ils donnent tout. C’est leurs trente ans et on leur gâche ce moment. Ça, c’est inadmissible pour un club comme Caen. 

« Il manque de la maîtrise intellectuelle »

On sent de la colère dans votre voix.

Il y a énormément de colère, vraiment. Plus que d’habitude.

Avez-vous le sentiment que tout le monde ne joue pas assez le jeu ?

Non, tout le monde joue le jeu. Ça bosse bien à l’entraînement. Il manque de la maîtrise intellectuelle. Ce n’est pas d’ordre technique, même si on perd des ballons et qu’on donne des occasions à l’adversaire. Il faut avoir plus de réflexion. 

La réalité, c’est aussi que vous manquez de maîtrise technique

C’est très simple. On le travaille à l’entraînement. En match, c’est la tête. Il faut juste faire fonctionner son cerveau. On demande de le faire fonctionner 90 minutes, c’est tout, pour mettre en pratique tout ce qu’on fait la semaine. Ça, on a du mal. C’est le QI football. À l’entraînement, tout le monde comprend. On arrive au match, on oublie. 

Est-ce à chacun d’être plus concentré, ou c’est la limite d’un certain nombre de joueurs ?

Ce sont des choses que l’on peut travailler. Il y a le travail de l’ombre. On a la chance d’avoir des retours vidéos. On doit les regarder, les comprendre. Si quelqu’un ne comprend pas, ce n’est pas une honte de lever la main et de le dire. Ce sont des choses simples. On a la chance d’avoir beaucoup de monde autour de nous pour nous aider. On ne l’exploite pas. 

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