Si le gouvernement a abandonné la réforme de l’audiovisuel public, une promesse d’Emmanuel Macron depuis son élection, Sébastien Lecornu n’a pas renoncé à mettre la pression sur France Télévisions. Dès le 23 janvier, il a adressé un courrier à Delphine Ernotte-Cunci, la présidente du groupe, pour lui demander un « effort supplémentaire par rapport à la dotation initialement prévue et à partir de laquelle [elle avait] élaboré un budget pour la société », précisant que « cette baisse supplémentaire est exceptionnelle ».

« Dans un contexte de fortes contraintes pesant sur les dépenses publiques et au regard des exigences qui s’imposent à France Télévisions afin de contribuer à l’effort collectif pour l’année 2026 et les exercices suivants, il apparaît indispensable que votre entreprise fasse preuve d’une attention particulière dans la maîtrise de ses frais de fonctionnement, notamment sur les postes identifiés par la Cour des comptes », écrit le Premier ministre.

Dans cette lettre, dont a eu connaissance La Tribune Dimanche, Sébastien Lecornu reprend en effet dans le détail les éléments du rapport rédigé par cette autorité en septembre et pointe « la progression dynamique des charges d’exploitation hors programmes du groupe public », passant de 464,6 millions en 2017 à 540 millions en 2024.

« La Cour formule notamment des remarques sur le pilotage de certains frais de fonctionnement : modalités d’attribution de véhicules de fonction jugées généreuses, frais de taxi qui se sont accrus de 36 % entre 2019 et 2023 en partie du fait de l’inflation, frais de mission élevés liés à l’activité de l’entreprise mais reposant sur certains dispositifs qui pourraient être rationalisés et mieux planifiés » , souligne-t-il.