Le manager irlandais de La Rochelle était content d’avoir vu son équipe l’emporter à Castres (26-31). Mais il était plus heureux encore de l’état d’esprit affiché par ses troupes.

Décidément, votre équipe est capable de tout, cette saison…

Oui, cette victoire nous fait du bien, elle est une bonne leçon pour rester soudés et rester ensemble, unis. Quand on joue comme ça, c’est bien. Mais c’est juste un match. Pour être compétitif, on a besoin de répéter plusieurs fois des prestations de ce niveau. J’ai une énorme fierté ce soir pour les joueurs, parce qu’ils ont vraiment montré beaucoup de cohésion, beaucoup de discipline, beaucoup d’envie, beaucoup de volonté, beaucoup de classe. Parce qu’on aurait dû gagner par 30 points, avec un peu de confiance et un peu de « killer instinct » (instinct de tueur, N.D.L.R.), mais ça va arriver. C’est une soirée importante pour nous.

Sentez-vous que votre équipe a rebondi depuis le match à Lyon, match après lequel vous aviez qualifié le groupe de « perdants » ?

Oui, mais mon exigence vient de mon estime de ce club. Je n’ai jamais pensé qu’on était une équipe moyenne, donc est-ce que j’ai le droit de donner mon avis sur mon équipe ? Oui. Est-ce que les joueurs et moi sommes frustrés par la performance ? Oui. Mais il y a toujours de l’optimisme et de la capacité de voir pourquoi j’ai donné mon cœur à cette équipe. Parce que je ne suis pas dans le déni. Si je pense que le message ne passe pas, je pars tout de suite. Mais moi, je suis avec les joueurs, les joueurs sont avec moi et je suis fier d’eux ce soir. Une fois de plus, c’était un match important. Ce n’est même pas la victoire qui m’importe. Je l’ai dit pendant la semaine : je m’en fous si on gagne ou si on perd. Je cherchais l’état d’esprit. Voir les mecs jouer les uns pour les autres. Ils ont joué comme ça ce soir.

Et pourtant, Ronan, c’était très mal parti quand Pierre Bourgarit s’est blessé à l’échauffement…

Pierre, il a une cheville comme un ballon. Pierre n’a pas de chance en ce moment. On a pu voir la force de notre groupe avec la titularisation au dernier moment de Quentin (Lespiaucq, N.D.L.R.). Il a été très performant. Nika Sutidze, le remplaçant, aussi.

Il reste huit matchs, vous êtes à huit points du top six. Tout est possible encore ?

On parle de la qualification mais où est Perpignan ? Je sais que mon équipe peut gagner beaucoup de matchs, mais on peut perdre chaque match aussi. On a gagné un match. Il faut enchaîner maintenant. Désormais, beaucoup de gens vont analyser où nous en sommes. Ce qui m’intéresse, c’est l’ambition et la volonté de ce groupe de joueurs. Il reste huit matchs. C’est à la fois beaucoup et peu.

Vous aviez un pack qui faisait moins de 900 kg, qui était en difficulté en mêlée, mais qui était très costaud dans les groupes pénétrants, offensif et défensif…

Oui, mais aussi j’aimerais dire que l’avis de l’homme le plus important (l’arbitre) a dit qu’on était en difficulté. Mais le staff a pensé différemment. Sur les groupes pénétrants, il n’y avait pas de débat. C’était bien. Charles Kante Samba a été fantastique encore. Simon Huchet a fait une bonne entrée. Paul Boudehent s’est sacrifié pour l’équipe. Je dois le féliciter pour les choses qu’il a faites pour notre club. Il est très triste de ne pas être avec l’équipe de France. Je suis un peu responsable de ça en le faisant jouer en deuxième ligne mais nous avons trop de blessés à ce poste et Paul fait un excellent boulot.