Si vous disposez d’une chambre, si vous avez envie de créer du lien et de participer à aider l’envol de jeunes adultes de 16 à 25 ans, ayant subi un parcours de vie chaotique, vous êtes les bienvenus !
Alissa Denissova, la salariée de Repairs ! 44, le précise d’emblée : Il faut sortir de l’image connotée qui voit dans ces jeunes des délinquants à problème. C’est faux. Nous, on ne s’occupe que de petits chatons.
« Il manque un maillon essentiel pour sécuriser les parcours de vie »
Après une pause en 2025, Repairs ! 44 a décidé de relancer cette année ce dispositif qui a fait ses preuves depuis 2021, avec quarante jeunes déjà hébergés, dont un tiers sont des étrangers en attente de régularisation. Ils ont pu bénéficier de sorties culturelles, de repas d’entraide, que du bonheur pour eux, explique Alissa Denissova.
Pendant que le 115 ne répond plus avec des journées entières à attendre que l’on décroche, tandis que le Département ou la Ville de Nantes font ce qu’ils peuvent, mais ne peut pas tout, nous agissons, en luttant contre les sorties sèches post ASE. Il manque un maillon essentiel pour sécuriser les parcours de vie, pour permettre à ces personnes de se poser, voir simplement de dormir. Nous recevons cette année 70 000 € du Département (en baisse de 30 000 €) et 5 000,00 € de la ville de Nantes, plus des aides privées .
Comme certains prisonniers ayant purgé leur peine, ces jeunes se retrouvent dehors les bras en croix. Ils ne connaissent pas leurs droits et manquent de repères, résultat d’une enfance insécure avec peu d’attaches et un tissu familial inexistant. Constamment ballottés de foyer en foyer, ils ont besoin de réconfort et de chaleur humaine.
Six personnes au moins
Le Département gère 6 000 personnes dans le cadre de l’ASE ; 217 jeunes en sortent chaque année et plongent souvent dans le sans abrisme. Un sur trois est dans cette situation. Repairs ! 44 cherche à aider au moins six personnes grâce à l’hébergement solidaire. Les volontaires aidants signent une convention avec le jeune qui doit aussi être consentant. Nous apportons des formations et un appui régulier, un suivi avec des rencontres toutes les deux semaines environ pour que tout se passe bien.
Dès le départ, l’hébergé est aimablement briefé par l’hébergeur sur le respect des règles de vie, sur le respect des horaires pour établir un véritable projet familial, qui peut durer quelques jours ou quelques mois. Entièrement bénévoles, les hébergeurs n’ont pas l’obligation de nourrir ou d’habiller leur pensionnaire, mais c’est souvent le cas, spontanément.
Une enquête de moralité et une inspection des lieux d’accueil sont réalisées par l’association, y compris pour vérifier que l’accueillant possède un bulletin n° 3 du casier judiciaire vierge.
L’exemple de Céline
À part ces obligations, toute personne possédant une sensibilité sur les questions humaines et sociales est la bienvenue. C’est une expérience enrichissante, un don de soi qui apporte énormément, qui permet de sortir de son propre isolement en s’ouvrant aux autres, témoigne Céline Sinou, une enseignante rezéenne qui a déjà ouvert ses portes dans le passé à cinq personnes.
Elle est d’ailleurs prête à recommencer : Dès que mon nouveau logement sera disponible. Mes deux enfants ont profité de mon engagement citoyen pour leur ouverture d’esprit.
Et les contacts perdurent sans s’effacer : Certains anciens résidents me téléphonent pour prendre des nouvelles et me racontent leurs petits soucis du quotidien, par exemple la dureté du travail en usine.
www.loire-atlantique.fr/44/enfance-familles/l-aide-sociale-a-l-enfance-ase/c_1277422
www.apresdemain.org/projets/association-repairs-44