Publié le 01/03/2026 07:15
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Le mois « Mars Bleu » est organisé pour mieux faire connaître le dépistage du cancer colorectal. (FREDERIC MOREAU / AFP)
Le mois « Mars Bleu », qui démarre dimanche 1er mars, entend sensibiliser au dépistage du cancer colorectal. Dans neuf cas sur dix, ces tumeurs qui touchent à la fois le colon et le rectum peuvent être soignées si elles sont repérées à temps.
« J’ai envie de le crier sur tous les toits : si vous avez 45 ans ou plus, consultez votre médecin ! » exhortait James Van Der Beek, connu pour son rôle dans la série Dawson, avant sa mort. L’acteur américain a succombé début février à un cancer colorectal, qui touche le rectum et le colon, à seulement 48 ans. En France, chaque année, 47 000 personnes sont diagnostiquées et 17 000 malades en meurent, ce qui en fait le deuxième cancer le plus mortel, selon l’Institut national du cancer (Inca). Pourtant, dans neuf cas sur dix, le cancer colorectal peut se guérir s’il est pris en charge assez tôt, selon cette même source.
Le mois « Mars Bleu » démarre dimanche 1er mars. Au cœur de cette opération : faire mieux connaître le dépistage, mis en place depuis 2015 pour toutes les personnes âgées en 50 à 74 ans, qui sont davantage susceptibles de développer ce type de cancer. Tous les deux ans, elles sont invitées, par un courrier de l’Assurance-maladie, à envoyer gratuitement leurs selles à un laboratoire d’analyses. Si du sang est détecté, une coloscopie est alors effectuée, « permettant de repérer des lésions bénignes avant qu’elles n’évoluent en cancer ou de détecter un cancer à un stade débutant », explique le site Ameli.fr.
« La majorité des cancers colorectaux se développent après l’apparition d’un polype [une tumeur bénigne qui évolue lentement et finit par devenir cancéreuse] qui provoque des saignements à bas bruit », explique Valérie Zimmerlé, médecin au Centre régional de coordination des dépistages des cancers, auprès de La Provence. « C’est ce qu’on essaye de détecter le plus précocement possible [avec le dépistage] pour repérer les cancers à un stade asymptomatique et les lésions précancéreuses. »
Pourtant, « la participation au dépistage du cancer colorectal reste très faible en France », pointait un rapport de l’Organisation européenne du cancer publié en mai 2025. Seulement « 34% de la population âgée de 50 à 74 ans » y a pris part en 2022, note ce document, qui souligne le manque de communication autour du dépistage. « Si les gens ne le font pas, c’est avant tout pour une raison psychologique, et non médicale, car c’est très simple à faire et non invasif », explique Jean-Marc Sène, médecin généraliste à Paris, au micro de TF1, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’un « sujet intime qui est encore tabou ».
Outre le dépistage, plusieurs symptômes peuvent alerter sur le développement de la maladie. Elle se traduit notamment par des troubles du transit intestinal, qui se manifestent par une constipation progressive, une diarrhée persistante, des nausées et des vomissements récurrents, mais aussi une envie constante d’aller aux toilettes, des selles plus étroites que d’habitude ou une sensation de vidange incomplète. « Les diarrhées ou la constipation » sont très souvent observées, poursuit Bertrand Célérier, chirurgien au CHU de Bordeaux, sur YouTube. « Le cas le plus fréquent, c’est une alternance de ces deux symptômes », poursuit-il.
Le signe « le plus alarmant », selon Bertrand Célérier, est la présence de sang dans les selles. Ces saignements peuvent d’ailleurs être à l’origine d’un autre symptôme, l’anémie (un manque de fer dans le sang), qui peut être détectée au cours d’un bilan sanguin pour un autre motif. « Il ne faut pas hésiter à observer ses selles », insiste Pauline Jouët, gastro-entérologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis), auprès du Figaro. « Des selles plus fines », ou l’impression d’avoir « mal évacué », peuvent être le signe que l’intérieur « de l’intestin se rétrécit », détaille-t-elle.
En outre, il faut faire attention si une masse est détectée lors d’une palpation de l’abdomen, pointe l’Inca. La vigilance est également de mise si une personne perd du poids et l’appétit soudainement, qu’elle mange moins ou se sent très fatiguée de manière inexpliquée. « Comme d’autres maladies peuvent provoquer les mêmes symptômes, il est important d’en parler à son médecin traitant lors d’une consultation », souligne l’Assurance-maladie. « De manière générale – pas toujours –, s’il y a des symptômes, c’est que le cancer est déjà avancé, avec des lésions plus grosses. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas opérable », assure le gastro-entérologue Emilien Daire dans Le Figaro.