Ému aux larmes par l’acclamation des tribunes du Groupama Stadium après la victoire contre Nice (2-0) le 15 février, Paulo Fonseca a peut-être moins aimé la banderole déployée au centre d’entraînement vendredi, à deux jours d’un déplacement à Marseille (20h45, Ligue 1+), qui vaut certes cher : « Avec vous à la guerre, continuez à nous rendre fiers ». Un mot inapproprié.
Trois jours plus tôt dans L’Équipe, l’entraîneur lyonnais avait raconté sa « révolte » en songeant aux quatre années de guerre en Ukraine. Le pays de sa compagne. Celui où il a entraîné le plus longtemps, de 2016 à 2019, au Chakhtar Donetsk.
À quelques jours près, il aurait échangé des souvenirs douloureux avec Roberto De Zerbi, qui a aussi travaillé dans le Donbass, en 2021-2022, jusqu’à l’invasion russe. Mais l’Italien a déserté Marseille le 11 février. Les vingt mois qu’il y a passés n’auraient pas existé sans une volte-face du Portugais.
On rembobine : en juin 2024, le directeur du football Medhi Benatia obtient un accord informel de Fonseca, sur le point de quitter Lille et déjà sur les tablettes phocéennes un an plus tôt. Il ne sera jamais officialisé car, entre-temps, l’AC Milan est entré dans la course. Le plan B, Sérgio Conceiçao, temporise à son tour et la direction marseillaise réussit l’impossible en détournant De Zerbi de Manchester United. Début d’idylle.
À Milan, Fonseca ne convainc pas. Il est renvoyé à la veille du Nouvel An. Des étrennes inespérées lui sont offertes par un homme aux aguets : John Textor. Le patron de l’OL apprécie Pierre Sage, alors en poste, mais il adore le Portugais. La lune de miel va tourner au cauchemar. Trente jours après sa signature, Fonseca est suspendu neuf mois pour avoir hurlé sa colère au visage de l’arbitre de Lyon-Brest, Benoît Millot.