Pour suivre la chronologie des épisodes judiciaires autour de Pierre Crinon, il est nécessaire de recontextualiser les faits. Tout commence le 30 novembre dernier, lors d’un match électrique entre Grenoble et Angers en Ligue Magnus.

Sur la glace, la situation dégénère entre Pierre Crinon et le gardien de but adverse, Matthew O’Connor. Dans une bagarre générale, l’Angevin reçoit un coup de poing au niveau de l’arcade sourcilière de la part du Grenoblois et sort de la glace le visage ensanglanté.

À la suite de cet événement, le Canadien porte plainte le lendemain au commissariat de Grenoble. Dans le même temps, sur le volet sportif, Crinon écope d’une sanction de sept matches ferme par la Commission des infractions aux règles du jeu (CIRJ).

Il est aussi convoqué par sa Fédération, à quelques semaines des Jeux olympiques, pour le recadrer. Crinon a, par la suite, présenté un message d’excuses sur ses réseaux sociaux. En janvier, le procureur Etienne Manteaux annonce que l’affaire avait été classée sans suite par ses services. La fin de l’histoire ? Pas totalement.

L’épisode JO

On avance maintenant aux Jeux olympiques de Milan-Cortina. L’équipe de France affronte le Canada le 15 février et sur la glace, Crinon retrouve le feu des projecteurs en échangeant des coups avec Wilson en fin de partie. Exclu, le Français retourne aux vestiaires avec un comportement qualifié de « provocant » par la FFHG.

La Fédération internationale ne le sanctionne pas mais l’instance française décide d’exclure le Grenoblois du tournoi olympique. À la suite de cet épisode, le procureur de Grenoble annonce « engager des poursuites » dans un communiqué le 17 février. « Compte tenu de la réitération des faits de violences, le procureur constate que M. Crinon n’a pas su saisir l’opportunité de ce classement pour cesser tout comportement violent. »

Il est alors convoqué au tribunal correctionnel de Grenoble le 27 mai pour le délit de violences volontaires ayant entraîné une ITT inférieure à huit jours avec arme. Seulement, le 24 février, un nouveau communiqué tombe et on apprend que Pierre Crinon est maintenant convoqué devant le tribunal de police , le 20 avril.

La raison ? Il était « apparu que le hockeyeur grenoblois avait frappé la victime après avoir retiré ses gants » et que la circonstance aggravante d’usage d’une arme ne pouvait être retenue. Crinon est maintenant poursuivi pour « violences avec ITT inférieures ou égale à huit jours » et il s’agit d’une contravention de cinquième classe.

Il encourt une amende de 1 500 euros (3 000 euros en cas de récidive). Quant aux convocations, Crinon assure avoir tout appris par voie de presse à chaque fois. Le parquet a fait savoir qu’il recevra sa convocation prochainement.