Jérôme Méar, ancien journaliste pigiste rennais, a 46 ans quand il part sur les routes du chemin de Compostelle. Dans son deuxième ouvrage « Camino », il raconte la façon dont les rencontres ont façonné son périple. Trois questions à Jérôme Méar.
Comment cette aventure a-t-elle commencé ?
Tout démarre en 2015. J’appelle un ami qui m’explique qu’il part marcher une semaine sur le chemin de Compostelle. Cette année-là, j’ai 46 ans. Je me dis que l’accompagner serait une bonne idée. Nous sommes partis de Figeac (Lot), pour une randonnée de sept jours. Je n’avais même pas pris mon chargeur de téléphone. Finalement, après cette semaine, mon aventure a continué. J’ai marché 1 400 km par le « Camino francès » jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle. Je suis croyant pratiquant donc il y avait une part de quête spirituelle, mais avant tout une curiosité de découvrir le chemin. C’était un peu l’aventure.

Le Rennais Jérôme Méar (à gauche), en compagnie d’un pèlerin tchèque devant la borne de l’entrée en Galice, dans la montagne du Cebreiro. Collection Jérôme Méar

Photo de la montagne du Pardon après Pampelune. Jérôme Méar est au centre de la photo avec deux pèlerins italiens. Collection Jérôme Méar
Dix ans plus tard, quelles traces le chemin de Compostelle a-t-il laissé sur vous ?
Je me demande encore comment j’arrive à avoir des souvenirs aussi précis : tout est resté en moi. Pendant ce voyage, il y avait une diversité de parcours, d’âge, et de croyances formidable. La majorité des pèlerins n’étaient pas croyants, mais malgré tout il y avait quelque chose de spirituel. Un esprit de fraternité. On était poussés par l’envie de se dépasser, comme une grande famille. Quand je suis arrivée à la frontière des Pyrénées, c’est le croisement avec un groupe d’Allemands qui m’a décidé à continuer. Je crois que j’ai préféré l’ambiance en Espagne. Être à l’étranger où personne ne m’attendait, je me sentais complètement libre.
Comment est née l’idée d’en faire un livre ?
Quand je suis rentré, j’étais changé. Là-bas, mon portable était tout le temps éteint, j’étais complètement déconnecté. J’ai retrouvé Rennes, mais je me sentais décalé, ce que j’avais vécu était tellement fort. Pendant trois semaines, je me réveillais chaque nuit en rêvant du chemin. J’ai eu un besoin irrépressible de raconter tout ce que j’avais vécu et l’écriture m’a beaucoup aidé. J’ai commencé à écrire en septembre 2015, un mois et demi plus tard, mon livre était terminé. Je n’avais pas pensé à le publier, ce sont mes amis qui m’ont conseillé de le faire, dix ans plus tard.
« Camino », le récit du voyage de Jérôme Méar est disponible aux librairies du Voyage, La Procure et Le Failler (Rennes).