On voit votre sourire, est-ce que c’est un sourire de soulagement, de satisfaction ou de contentement ?

Ce soir, c’est d’abord une grande satisfaction pour les joueurs, ils ont fait beaucoup d’efforts cette semaine dans le travail. On savait que ce serait un très grand match, avec un scénario forcément différent de celui à Brest, cette fois à domicile avec nos supporters. On sait que ces duels des Olympiques sont toujours très engagés, qu’il y a parfois beaucoup de buts. Il fallait rester constant au cours du match. Le scénario est magnifique pour nos supporters et toutes les personnes qui aiment l’OM.

La pièce est souvent tombée du mauvais côté pour l’OM cette saison, est-ce que cette fois, alors qu’un match nul aurait pu être logique, vous avez le sentiment qu’elle est tombée du bon côté ?

On sait que dans ces matches-là, ça se joue sur des détails, il y a souvent une part de réussite. Je crois qu’il y a une logique de croyance, je dis souvent que la chance n’est pas un hasard, elle va se chercher, elle se provoque. C’est ce qu’a fait l’équipe à travers ce qu’elle a vécu, ce scénario où on a pris un but très vite. Pourtant notre entame a été très bonne, on est allé les chercher très haut, on se crée des occasions avec 7 tirs en première période. Mais on a aussi « Gero » (Geronimo Rulli, ndlr) qui nous fait un arrêt incroyable. Il faut de la réussite et de la constance, on en a eu dans ce match. Donc oui, ça tombe du bon côté, mais il faut savoir provoquer ce type de scénario.

Est-ce que cette victoire peut être un déclic et peut vous libérer pour cette fin de saison ?

C’est un éternel recommencement ! Il faut profiter de ce moment, mais dans trois jours, il y en a un autre tout aussi important pour les objectifs du club. Il va falloir très vite redescendre en émotion. La dynamique, ça s’entretient. On ne peut pas considérer que d’un seul coup, on est une équipe complètement différente, seul l’avenir le dira. Il faut du travail, et cette semaine les joueurs l’ont fait, on les a poussés à la limite. Ils n’ont pas rechigné, ont travaillé. Je le redis, je travaille aussi sur les acquis du début de la saison, je ne suis pas là pour déconstruire, simplement amener une méthodologie différente, un style de jeu différent, avec plus de verticalité. Pour ça, on a besoin d’être physiquement beaucoup plus abouti, pour suivre ce que j’appelle le flow tactique et le flow de l’intensité, être capable d’en remettre parfois. Ce soir, on a eu un creux vers la 60e, on a su rebondir.

Qu’avez-vous pensé de l’entrée décisive de Paixao, qui vous a amené justement plus de verticalité ?

Déjà la sortie de Quinten (Timber), ce n’est pas du coaching, il s’est démis l’épaule. On lui a remis, mais la douleur était importante. On connaît les qualités d’Igor (Paixao), on a vu qu’il y avait beaucoup d’espaces en première période parce qu’ils défendaient beaucoup côté ballon et libéraient le coté opposé. Mason (Greenwood) a été provocateur, percutant, il a une grosse occasion, mais j’ai trouvé que Hamed (Traoré) aussi, moins dans la finalité mais intéressant dans le un contre un. Et pour revenir à Igor on connaît toutes ses qualités, son but est fantastique. Je veux le voir jouer avec le sourire, le plaisir, il amène beaucoup de joie. Il mérite ce qu’il a vécu ce soir, un peu comme Aubameyang avec ce doublé.

Qu’est-ce que vous avez réussi à mettre en place tactiquement pour remporter ce match ?

On a réussi à fermer leur double pointe basse. Quinten a été capable de fermer cette première passe pour les orienter sur le côté. On savait qu’on avait des joueurs qui pouvaient gérer ces situations. C’est une belle équipe en face, pas n’importe quel entraîneur. Ce soir on a eu le ballon, ils ont été bons, nous aussi par séquences. C’est le scénario du match qu’il faut souligner, plus que ce qu’on a mis en place. On a été très compact dans nos lignes dans ce 4-2-3-1. Je suis très content de ce qu’ont donné les joueurs.

Un mot sur Pierre-Emerick Aubameyang, qu’on n’a pas trop vu pendant longtemps avant ce doublé… Est-ce que c’est la marque d’un buteur ?

Je n’ai pas attendu de découvrir Auba ce soir pour savoir qu’il était un buteur ! Il a fait un match de leader pour l’équipe, il a montré l’exemple. Il fallait une abnégation constante. La différence entre un attaquant et un défenseur, et je le sais pour avoir été défenseur, c’est que les attaquants peuvent ne pas avoir d’opportunités pendant 80 minutes, en avoir deux et en mettre deux au fond et leur match sera réussi. C’est la force d’un attaquant d’expérience comme Auba, il sait profiter de toutes les opportunités. Son premier but est un vrai but d’attaquant, avec du flair, le deuxième il vient bien fermer au deuxième poteau… Je suis très content pour les joueurs. Et je tiens à le dire, je suis aussi très content pour monsieur McCourt et Medhi Benatia qui m’ont fait confiance, et sont très satisfaits de ce scénario de match. Les supporters aussi évidemment : pour bien connaître Marseille, je sais que les gens iront au travail avec le sourire demain matin.

Le match contre Toulouse arrive rapidement, comment vont vos joueurs sur le plan physique, notamment Amine Gouiri qui était absent ?

Amine était un peu juste pour aujourd’hui, on va voir comment il se sent lundi et mardi. Quinten, c’est différent, l’épaule quand ça bouge, ça fait mal très vite. On verra. Pierre (Pierre-Emile Hojbjerg, ndlr) sera suspendu, on le savait. Mais je pense aussi à ce qu’a fait Kondo à ses côtés, la paire a bien fermé l’intérieur. On a les joueurs pour pallier les absences des uns et des autres, on trouvera des solutions. D’ailleurs j’ai trouvé que les joueurs qui sont rentrés ont été très impactants.