« Levons-nous femmes esclaves / Et brisons nos entraves / Debout, debout, debout ! » scandaient en 1971 les femmes du tout jeune MLF (Mouvement de libération des femmes) dans une chanson devenue emblématique.

Agit-on par conviction ? Ou pour venir en aide ? Ou parce qu’il n’y a plus d’autre choix possible ? Comment se met-on en mouvement ? J’ai eu envie de parler des luttes pour le droit des femmes dans les années 1970, de revenir sur cette période riche de lutte collective. Se souvenir des combats est important explique Frédérique Mingant de la compagnie 13/10e en Ut. La Rennaise a proposé à la metteuse en scène Delphine Battour de la rejoindre.

Ensemble, elles ont proposé à huit autrices (Catherine Benhamou, Clara-Luce Pueyo, Gerty Dambury, Jessica Roumeur, Lucie Vérot Solaure, MarDi (Marie Dilasser), Mariette Navarro, Marine Bachelot Nguyen), aux univers et âges différents de plonger dans les années 1970, et d’écrire une courte de pièce de 15 minutes, avec trois interprètes maximum.

Les thèmes retenus, sont les avortements illégaux ou menés à l’étranger, la légalisation de la contraception et du planning familial, la visibilité des lesbiennes, la coordination des femmes noires créée en 1976, la lutte des ouvrières de Lip à Besançon, les viols et violences sexuelles, les librairies militantes, qui diffusaient les informations, étaient des lieux de réunion… C’est important de raconter cette histoire aux jeunes générations, alors que les droits des femmes ne sont pas figés.

Des résonances avec aujourd’hui

Cette recherche a été l’occasion d’une plongée dans les archives, dans le livre de « Les femmes s’en vont en lutte » de Lydie Porée et Patricia Godard, d’interroger les mères et grands-mères, les militantes de l’époque, car les témoins sont vivants. On s’aperçoit que sur des sujets comme les violences sexuelles et sexistes, l’avancée n’a pas été phénoménale, entre les années 1970 et le mouvement #MeToo,note Frédérique Mingant. Et que l e sujet reste très familier.

L’ombre de Simone de Beauvoir, Simone Veil, Gisèle Halimi va planer, mais la parole est donnée à des militantes, anonymes. Car ces luttes ont eu lieu partout en France, ont été très suivies.

Jeudi 5 mars 2026, à 18 h, conférence «Faire entendre la voix des femmes», suivie d’une lecture à 19 h 30 de « Debout », aux Archives départementales, gratuit dans la limite des places disponibles.

Les 18 et 19 mars, spectacle « Debout, épisode 1 », à 20 h, au théâtre de La Paillette, durée 1 h 30, dès 14 ans, 16 €/13 €/11 €/ Sortir ! 6 €.