Par

Sébastien Béthune

Publié le

2 mars 2026 à 7h55

« En France, 18 000 personnes décèdent du cancer colorectal chaque année », rappelle d’emblée le docteur Lemia Zgarni, médecin spécialisée et cheffe de service en gastro-entérologie au centre hospitalier Côte de Lumière des Sables-d’Olonne.
C’est tout simplement le deuxième cancer le plus meurtrier de France. « Chez l’homme, c’est en premier la prostate, le poumon et vient ensuite le côlon. Chez la femme, c’est le cancer du sein et le côlon. D’où l’importance de faire du dépistage ! »
Le vendredi 13 février, au centre commercial Ylium des Sables-d’Olonne, il était possible de visiter l’intérieur d’un côlon.
Ce côlon gonflable sera également à retrouver le samedi 7 mars au centre commercial Océanis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, dans le cadre de Mars Bleu, mois consacré à la mobilisation contre le cancer colorectal.

Le côlon tour fait escale dans la commune La structure gonflable est longue de 12 mètres. © Ligue contre le cancer. - COLON TOUR
Le côlon tour fait escale à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. La structure gonflable est longue de 12 mètres. ©Ligue contre le cancerTrop peu de participations au dépistage

Ce mois vise à sensibiliser la population et les professionnels de santé à l’importance de la prévention et du dépistage. « Nous avons les moyens de faire du dépistage. Et ce n’est pas le cas de tous les cancers », précise le docteur Zgarni.

« Le seul souci de ce mois, c’est qu’il est moins populaire qu’Octobre Rose… Alors que c’est le même principe. Le problème aujourd’hui, c’est qu’il y a un nombre de décès important, mais, proportionnellement, il n’y a pas assez de participation au dépistage avec, globalement, 35 % dans le département. »

Docteur Lam You-Heng au centre hospitalier des Sables-d’Olonne

« Le minimum pour que ça serve à quelque chose, c’est 45 % et l’objectif est 60 %. La Vendée est dans la moyenne, mais, en France, on n’adhère pas bien », remarque le docteur Lemia Zgarni.

Pourquoi ?

Le dépistage dont les spécialistes parlent le plus est celui qui consiste à rechercher du sang dans les selles.

Il s’adresse aux gens à partir de 50 ans (jusqu’à 74 ans). Ils sont dits « à risque ». Dès lors que vous avez 50 ans (et tous les deux ans), vous recevrez une lettre pour vous faire dépister.

Il suffira ensuite d’aller chercher son kit (pris en charge par l’Assurance Maladie) en pharmacie, chez votre médecin ou par courrier.

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« C’est un test facile à faire avec un seul prélèvement. Après, il faut faire un prélèvement des selles… C’est certainement le facteur limitant. »

Le docteur Camille Alliere précise : « C’est important de dire que le test ne va pas forcément détecter qu’un cancer. Ce n’est pas parce que l’on a du sang dans les selles que l’on a un cancer. C’est peut-être cela qui peut rebuter les gens à faire le dépistage. Sauf que 85 fois sur 100, on va trouver des lésions que l’on enlève et on n’en parle plus ! »

« Il permet surtout de dépister les lésions précancéreuses », ajoute le docteur Lemia Zgarni. En cas de découverte de lésions, une coloscopie sera nécessaire.

Une journée de sensibilisation le 5 mars

Aux Sables-d’Olonne, la population étant particulièrement âgée, les enjeux de sensibilisation sont d’autant plus importants. « On est encore plus vigilants », confirme le docteur Lam You-Heng.

C’est dans ce cadre que l’établissement organise une journée dédiée à la sensibilisation de ce cancer le jeudi 5 mars, de 10 h à 16 h. L’objectif est d’informer le public sur l’importance d’un diagnostic précoce, de présenter les professionnels et associations engagés dans la prévention et l’accompagnement des patients, et de permettre des échanges grâce à des stands, des démonstrations et des temps de discussion.

Une conférence ouverte à tous aura lieu à 14 h 15, sans inscription. Des spécialistes interviendront sur le dépistage par test immunologique, le lien entre sport et cancer colorectal, ainsi que sur l’alimentation en oncologie. Les associations partenaires présenteront également leurs actions et leur rôle.

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