L’islamologue, accusé de viols sur trois femmes, est hospitalisé au service de neurologie de Genève, souffrant d’une sclérose en plaques. L’avocat général a demandé de délivrer un mandat d’arrêt international à son encontre.

L’islamologue Tariq Ramadan ne s’est pas présenté ce lundi matin devant la cour criminelle de Paris, où il devait être jugé pour les viols de trois femmes entre 2009 et 2016.

L’accusé, souffrant de sclérose en plaques depuis une dizaine d’années, a été hospitalisé vendredi ou samedi en fin de journée à Genève (Suisse) et son absence au procès a été confirmée dimanche soir, appuyée d’une attestation médicale, annonce ses avocats. «Son état de santé ne lui permet pas actuellement de voyager», indique un médecin du service de neurologie de Genève. «Vous avez estimé qu’il n’y avait pas d’urgence à prévenir la cour ?» s’étonne la présidente.


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«Notre client n’est pas en état de comparaître, mais nous étions à mille lieues de penser que ce soit à ce point», déclare Me Marie Burguburu, ajoutant: «On ne va pas faire semblant, on savait avant ce week-end que ce dossier n’était pas en état». La défense de Tariq Ramadan réclame depuis plusieurs mois le report du procès, notamment en raison du fait qu’il se déroulait durant le jeûne du Ramadan.

«Il sait mieux que personne que ce n’est pas dans son intérêt de ne pas se rendre à son procès», affirme Me Burguburu, demandant le renvoi de l’audience «pour qu’il puisse être en état de comparaître».

«Il ne faut pas se leurrer»

Se pose la question du respect de son contrôle judiciaire, puisque celui-ci l’obligeait à prévenir le parquet s’il quittait le territoire français «quinze jours à l’avance», précise la présidente. Tariq Ramadan résiderait actuellement à la frontière et se rendrait régulièrement en Suisse pour se rendre au chevet de sa mère, ajoute-t-elle. L’avocat général Philippe Courroye a demandé de délivrer un mandat d’arrêt international «puisqu’il est en violation de son contrôle judiciaire». «Il ne faut pas se leurrer, Tariq Ramadan fait tout pour ne pas être jugé», insiste le magistrat.

«Nous n’avons strictement aucun élément sur le bien-fondé de cette attestation médicale», remarque-t-il par ailleurs, demandant à la cour de diligenter une expertise médicale afin de «vérifier son état de santé» par le biais d’une demande d’entraide judiciaire internationale.

«Dire que ce serait une manipulation de Tariq Ramadan est tout simplement odieux. Cet état de santé, je ne veux pas qu’on pense que c’est un choix, c’est insupportable. (…) Tariq Ramadan voulait à tout prix être jugé», a clamé Me May-Sarah Vogelhut, l’une des avocates de l’accusé.