La guerre au Moyen-Orient perturbe le trafic aérien. En Thaïlande pour leur voyage de noces, une famille narbonnaise, qui devait avoir une correspondance à Doha, au Qatar, pourrait voir, à ses frais, son voyage se prolonger. Ils témoignent.
Ils pensaient rentrer en France ce jeudi 5 mars. Finalement, Sébastien et Patricia d’Ouveillan pourraient prolonger leur séjour en Thaïlande. En voyage de noces avec leurs enfants Tom et Léa, les Narbonnais sont aujourd’hui confrontés aux conséquences d’une crise internationale qui paralyse une partie du trafic aérien mondial. Leur itinéraire retour était pourtant bien établi : un premier vol depuis Phuket vers Doha, au Qatar, puis une correspondance à destination de Barcelone avant de rejoindre l’Aude.
Mais la fermeture de plusieurs espaces aériens au Moyen-Orient, en raison de l’escalade militaire impliquant notamment l’Iran, a bouleversé leurs plans. De nombreux pays du Golfe ont en effet temporairement fermé leur espace aérien. Air France, Emirates, Etihad et Qatar Airways ont annulé ou suspendu la majorité de leurs liaisons. De nombreux Français, partis en vacances aux Émirats arabes unis, se retrouvent bloqués en attente que les liaisons aériennes reprennent. Par mesure de sécurité, des couloirs aériens stratégiques reliant l’Europe à l’Asie sont devenus inaccessibles ou fortement perturbés. Résultat : annulations en cascade, avions cloués au sol et milliers de passagers bloqués aux quatre coins du monde.
Au pire, on prolongera les vacances. On ne se plaint pas. Là où on est, on est en sécurité.
Pour la famille, le constat est brutal. « On ne sait rien. On sait juste que les prix ont flambé. Si notre vol est bien annulé ce jeudi et que l’on veut rentrer, on nous propose 11 000 euros pour quatre. Sachant que les prix les plus chers sont à 60 000 euros, c’est dingue », explique Patricia. Des montants qui correspondent à des itinéraires alternatifs, souvent plus longs, contournant les zones à risque et proposés à la dernière minute. Pour l’heure, leur compagnie aérienne leur offre deux options : un remboursement au prix des billets aller ou un changement de date. Reste à savoir quand…
Le couple a choisi d’attendre une nouvelle proposition de vol, espérant une reprise progressive du trafic. « Au pire, on prolongera les vacances. On ne se plaint pas. Là où on est, on est en sécurité. On a de la chance, donc on profite, sans trop savoir quand et comment on pourra rentrer. Jeudi, jour de notre retour normalement, on se présentera à l’aéroport et on verra », confient Sébastien et Patricia, partagés entre sérénité et inquiétude. Si le cadre reste idyllique, l’attente n’est pas sans conséquence financière. À Phuket, la nuit d’hôtel s’élève à environ 150 euros. « Pour l’instant, on peut, deux, trois jours, mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps non plus… » glisse-t-elle.
La famille ouveillanaise n’a d’autre choix que de vivre au rythme des annonces et des ouvertures de couloirs aériens. Sous le soleil et en sécurité, c’est déjà bien…