Par
Julien Lagarde
Publié le
2 mars 2026 à 20h16
Jusqu’où s’arrêtera-t-elle ? À 20 ans, la carrière de Lucie Chalopin monte en puissance à vitesse grand V. La danseuse orginaire de Lisieux (Calvados), formée à l’association Lexo Danse de 4 à 17 ans, a été sélectionnée parmi plus de 1100 candidates venues du monde entier pour intégrer le Crazy Horse à Dubaï. Le célèbre cabaret parisien propose un spectacle de reprises de ses numéros cultes dans la plus grande ville des Émirats arabes unis à partir du mois de septembre 2026. Lucie sera sur scène, pendant un an, aux côtés de danseuses de très haut niveau. « Je n’en reviens toujours pas. Le Crazy Horse, c’est le top du top, on ne peut pas faire mieux » savoure la jeune femme, qui entame les répétitions mardi 3 mars 2026, à Paris.
4 retenues parmi plus de 1 100 candidates
Comment Lucie est-elle parvenue à convaincre le jury de la sélectionner ? Seules quatre candidates étaient retenues. La nature lui a apporté la taille – il fallait mesurer entre 1,68 m et 1,73 m – et la morphologie requises. Mais le reste, c’est du travail, beaucoup de travail, et une grande détermination afin de réaliser son rêve.
« À la rentrée, Lucie m’a dit : maman, ce sera le Crazy Horse ou rien. Elle avait déjà tenté sa chance l’an dernier, mais depuis, elle a gagné en maturité. Quand elle est arrivée aux auditions, elle voulait tout défoncer (sic). Je ne l’avais jamais vue aussi déterminée. Et ça a payé » raconte Carole, sa mère, également danseuse à Lexo Danse.
Star Ac, Miss France, Mask Singer…
Après avoir obtenu son bac au lycée Gambier, Lucie Chalopin a rejoint l’Académie internationale de danse à Paris. C’est dans cette prestigieuse école que les sociétés de production viennent recruter des talents pour danser sur les plateaux de télévision ou lors des grands événements.

Toute la famille est fière de Lucie. Ici avec ses deux soeurs, Lola et Lena, et sa mère, Carole, également danseuses à Lexo danse. ©Julien LAGARDE
Au cours des dix-huit derniers mois, la jeune lexovienne a épaissi son CV en enchaînant les prestations à la Star Académy, au concours de Miss France, lors de l’émission de TF1 Mask Singer, aux Victoires de la Musique ou encore lors de la « Grande soirée du 31 décembre » sur les Champs Elysées. « Ces expériences, en plus des sept heures de danse par jour à l’école, m’ont permis de progresser. On danse en public, la plupart du temps en direct, et avec des stars comme Mika, Aya Nakamura, Gims, Soprano, Amel Bent, Bob Sinclar… À la Star’Ac, je devais apprendre huit chorégraphies, on ressentait de la pression, mais ça m’a beaucoup apporté ».
« Sur scène, on oublie la nudité »
Timide et pudique, Lucie est pourtant prête à se produire dans le temple de la nudité, devant le public de Dubaï, deux fois par jour en semaine et trois fois le samedi.
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« Sur scène, on oublie la nudité parce qu’il y a beaucoup de jeux de lumières et que, de toute façon, toutes les danseuses sont nues. Durant l’audition, on était en string et en talon… Pour quelqu’un de pudique comme moi, ça peut être destabilisant. Finalement, tout s’est bien passé car la chose la plus importante à ce moment précis, c’est la danse, et rien que la danse. Quand vous avez une minute pour faire vos preuves, la nudité devient le dernier des problèmes ».
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Professeure de cabaret à l’Académie internationale de danse et ancienne danseuse au Crazy Horse pendant quinze ans, Patricia Vigorosa a su trouver les mots justes pour désinhiber la jeune lexovienne. « Je prends des cours avec elle depuis trois ans. Ses conseils m’ont permis d’aborder les auditions différemment, d’oublier la nudité et de me concentrer sur la danse ».
« Quand le Crazy Horse vous appelle… »
Lucie Chalopin devait participer, en tant que danseuse, à une croisière 5 étoiles en Méditerranée pendant cinq mois. Mais ça, c’était avant d’apprendre son admission au Crazy Horse. « J’ai annulé la croisière quatre jours avant de partir. Quand le Crazy Horse vous appelle, vous ne pouvez pas refuser » sourit l’intéressée.
La fierté de Lexo danse, « elle est faite pour le Crazy »
Professeure de danse à Lexo danse, Lucie Leprévost connaît mieux que personne Lucie Chalopin. Elle a suivi son évolution au sein de l’association pendant treize ans. Sa réussite ne la surprend pas. « Lulu, c’est une passionnée, avec une mentalité de gagnante. Elle a bossé sans relâche pour réaliser son rêve. De 4 à 17 ans, je crois qu’elle n’a raté aucun cours. Et si elle en a raté un, c’est vraiment parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement. Vers ses 12 ans, elle a pris de plus en plus de cours. Elle acceptait tous les projets que je lui proposais et toujours avec la même envie de progresser. Elle aime la scène et les paillettes, elle est faite pour le Crazy. Elle est restée humble et n’oublie pas Lexo danse. On s’appelle souvent. Je suis fière de voir que Lucie, mais aussi Carla Briard, avec qui elle s’entend très bien, ont atteint un tel niveau. Voir deux filles passées par Lexo danse devenir danseuses professionnelles, ça fait quelque chose, même si le mérite leur revient avant tout ».
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