La mère du meurtrier de Matisse, adolescent de 15 ans tué de plusieurs coups de couteau le
27 avril 2024 à Châteauroux (Indre)
, a été condamnée vendredi
27 février à deux ans de prison dont 10 mois ferme et 14 mois avec
sursis probatoire renforcé pour avoir frappé la victime alors
qu’elle gisait au sol. Âgée de 39 ans, elle a fait appel de cette
condamnation ce lundi 2 mars.

Le 27 avril 2024, dans le quartier Saint-Denis à Châteauroux,
une bagarre éclate entre Matisse et un adolescent de 15 ans. Ce
dernier sort un couteau et le frappe à plusieurs reprises au thorax
et au dos. Matisse succombe à ses blessures quelques heures plus
tard. La scène se déroule sous les yeux de la mère du meurtrier,
qui frappe alors Matisse à la tête alors qu’il est étendu au sol.
Le meurtrier a depuis été reconnu coupable et condamné à huit
ans de prison en mai 2025
.

La mère comparaissait à huis clos devant le tribunal
correctionnel de Châteauroux pour « violences volontaires sans ITT
sur personne vulnérable », des faits passibles de trois ans
d’emprisonnement. Alors qu’elle avait reconnu avoir porté un coup à
Matisse lors de l’instruction, invoquant « des gestes de premier
secours » pour s’assurer qu’il était encore en vie, elle a tout nié
en bloc à l’audience. Un revirement qui a ravivé la douleur de la
famille de la victime.

«On est, pour moi, au dernier stade de l’ignoble»

Le procureur de la République de Châteauroux, David Marcat, a
tenu à préciser la nature exacte des faits reprochés. « Elle n’a
pas participé au meurtre. Elle est poursuivie pour des faits de
violence sans incapacité sur une personne vulnérable. Le ou les
coups qu’elle aurait portés n’ont pas eu d’incidence sur l’état de
vulnérabilité de Matisse », a-t-il déclaré, avant d’ajouter :
« J’ai pu entendre que la mère lui a mis des coups de pied et l’a
roué de coups, ce n’est pas ce qu’il ressort du dossier. Nous
sommes sur un geste porté de la main à la tête, même s’il y a un
débat sur le nombre de coups. »Malgré ces précisions, le
magistrat a souligné la gravité du geste : « On est, pour moi, au
dernier stade de l’ignoble. Le mot est posé. Lorsqu’un enfant est
en train de mourir, rien ne justifie un geste, quel qu’il soit, à
son encontre. »

Tard dans la soirée, le verdict est tombé : la mère du meurtrier
a été reconnue coupable et condamnée à 10 mois de prison ferme et
14 mois avec un sursis probatoire renforcé, ainsi qu’à une
interdiction de séjour à Châteauroux. Me Brice Tayon, avocat des
parties civiles, a jugé la peine « assez équilibrée ». « La
peine montre bien que le tribunal a pris conscience de la gravité
de ce geste qui est de frapper un adolescent de 15 ans dont elle
savait qu’il était en train de mourir », a-t-il déclaré.

La mère du meurtrier de Matisse a fait appel de sa condamnation
le 2 mars, comme l’a confirmé le procureur de Châteauroux. Elle a
la possibilité de se désister de cet appel jusqu’à un mois avant la
date de l’audience.