En pleine crise avec l’Iran, la France se dit prête à participer à la défense des pays du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman) et de la Jordanie, conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective, a confirmé lundi son ministre des Affaires étrangères. Jean-Noël Barrot a estimé que près de 400 000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région, des pays pour la plupart déjà cibles de frappes iraniennes depuis samedi.
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Dès dimanche, Emmanuel Macron avait annoncé que la posture et l’accompagnement défensif français allaient être rehaussés, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déjà déployés dans la région.
Sous casque bleu onusien
Ces moyens rassemblent actuellement quelque 5 000 militaires. Ils font partie des forces prépositionnées à Djibouti (1 550 hommes et femmes) et aux Émirats arabes unis (900). Ils servent sous le casque bleu onusien au Liban (opération Daman, 800). Ils contribuent à la lutte contre le terrorisme dans le cadre de l’opération Chammal (1 200 hommes, en Jordanie et Irak). Enfin, ils sont déployés en mer : en Méditerranée orientale, dans le golfe arabo-persique ou en mer Rouge (550 marins au total).
Ces contingents sont exposés. On l’a vu samedi lorsqu’un hangar d’une base française a été « touché dans une attaque de drone » sur le port d’Abu Dhabi (EAU) , sans faire de victime. Au Liban, les casques bleus français ont dû s’abriter à de nombreuses reprises, dimanche et lundi, à cause des échanges de tirs, intenses et tout proches de leurs positions, entre le Hezbollah pro-iranien et l’armée israélienne.
En outre, un engagement militaire français dans le cadre d’opérations de défense des espaces aériens alliés, voire de frappes contre des cibles iraniennes, provoquera une riposte de Téhéran. Les Britanniques, qui prennent part depuis dimanche aux opérations de défense aérienne contre l’Iran, en ont fait l’expérience avec au moins deux attaques de drones contre leur base aérienne chypriote d’Akrotiri.