Des vidéos, captées par un ouvrier œuvrant sur le chantier du futur CHU, sur l’île de Nantes, que nous avons reçues et qui circulent sur les réseaux sociaux, le montrent : de l’eau a envahi l’immense parking en sous-sol. Surtout sous le bâtiment le plus proche du pont des Trois-Continents. Des bottes étaient nécessaires pour y circuler. Ces images font réagir les opposants sur le mode : « On vous l’avait bien dit que le futur CHU était inondable. » Voici quelques éléments factuels pour y voir clair.
D’où est venue cette eau ?
Cinq puits géothermiques ont été créés. Ce sont des accès à la nappe phréatique. Il s’agit de puiser de l’eau pour les systèmes de chauffage de l’hôpital l’hiver et de refroidissement l’été, avant de la renvoyer dans la Loire. «Les travaux ne sont pas terminés, les tuyaux ne sont pas raccordés aux échangeurs de chaleurs ou de refroidissement, explique Pierre Nassif, le directeur de l’investissement au CHU. La semaine dernière, au moins un des puits a débordé, l’eau s’est donc déversée dans le sous-sol.
L’hôpital est-il en zone inondable ?
Dans le plan pluriannuel des risques inondations (1), le site n’est pas classé en zone inondable pour les crues centennales (un risque sur cent) mais uniquement pour une crue millénale (un risque sur mille). À l’époque, ce classement avait fait réagir des opposants à la construction d’un hôpital sur l’île de Nantes. Ils avaient même demandé un nouveau PPRI. Leurs arguments : le réchauffement climatique, entraînant la hausse du niveau des mers, n’était pas intégré.
Quelles mesures ont été prises par le CHU pour éviter d’être inondées ?
« Les bâtiments hors sous-sol ont été rehaussés de quarante centimètres par rapport au seuil d’alerte d’une crue millénale », a répété à diverses reprises la direction du CHU. Afin que l’hôpital puisse continuer à fonctionner.
Quant au sous-sol, une fois le chantier achevé, il sera cuvelé, donc étanche. L’eau peut seulement y pénétrer si le quai est sous l’eau et que le réseau d’évacuation des eaux pluviales est engorgé. Cela n’a pas été le cas lors du récent épisode de crues. Ce qui laisse à penser que le premier test météo sérieux a été passé avec succès.
Reste la question de savoir si une île, même très urbaine, était le lieu propice pour édifier un CHU à 1,250 milliard d’euros pour les 50, 60 ou 80 ans à venir ? L’avenir tranchera.
(1) Le PPRI, document élaboré par les services de l’État, sous l’autorité du préfet.