Ce lundi 2 mars, la cour d’assises d’appel spéciale a rendu son verdict. Brahim Chnina et Abdelhakim Sefriouri ont été condamnés respectivement à 10 et 15 années de prison. En première instance, ils avaient été condamnés à des peines de 13 à 15 ans de réclusion criminelle.
La cour d’assises d’appel spéciale de Paris a rendu son verdict. Ce lundi 2 mars, Brahim Chnina et Abdelhakim Sefriouri ont été condamnés à 10 et 15 années de prison au procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty. L’avocate générale avait requis 20 ans de prison contre les deux auteurs de la campagne de haine visant l’enseignant, lancée avant sa décapitation par un jihadiste tchétchène.
Les deux autres accusés, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, proches d’Anzorov et jugés à leurs côtés, ont été condamnés à 6 et 7 années de prison. L’avocate générale avait requis seize ans de réclusion criminelle contre chacun. Tous deux avaient été condamnés en première instance à 16 ans de réclusion criminelle.
« Mon amour pour elle m’a aveuglé »
Plus tôt dans la journée, les accusés ont prononcé leurs derniers mots devant la cour d’assises d’appel spéciale de Paris après de longues semaines débats, un ajustement du planning, et des moments marquants.
« Une condamnation signifierait probablement ma mort en prison », a déclaré le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui. « Le regard des proches de Monsieur Paty me fait beaucoup de peine. Je vomis de tout mon être ce crime horrible. Et je prie de tout mon cœur pour qu’ils puissent se reconstruire », a-t-il conclu en remerciant ses avocats et la présidente pour son « écoute qui dénote de la première instance ».
Assassinat de Samuel Paty: au procès en appel, l’association de malfaiteurs terroristes au coeur des débats
« Toutes mes excuses vont à la famille Paty », a pour sa part indiqué Brahim Chnina, le père de la collégienne qui, lui, avait affirmé qu’elle avait dû sortir de la classe parce que Samuel Paty aurait fait sortir les élèves musulmans au moment de montrer les caricatures. Il s’agissait là d’un mensonge: la jeune fille était exclue pour indiscipline et ne participait pas à ce cours.
« Je tiens à dire que je voulais défendre ma fille et protéger ma fille. Ma fille qui avait 13 ans. Mon amour pour elle m’a aveuglé. J’ai beaucoup de regrets, je m’en veux tellement, je suis très triste. Je ne pouvais pas savoir que ça finirait comme ça. Je ne suis pas un terroriste (…) ce procès a été dur et éprouvant pour moi et pour toute la famille de Monsieur Paty », a-t-il ajouté.
« Je n’ai jamais eu l’intention de vous faire du mal »
Azim Epsirkhanov s’est lui dit « innocent ». « Je suis malheureux pour la famille de Monsieur Paty », a-t-il conclu. Enfin, Naïm Boudaoud s’est adressé à la famille de Samuel Paty en ces termes: « Je n’ai jamais eu l’intention de vous faire du mal, de vous nuire, j’aurais aimé vous convaincre de mon innocence. »
« Je me sens impuissant face à votre douleur, je n’ai jamais eu connaissance du projet criminel d’Anzorov. J’étais un jeune de 18 ans, pas méchant. Anzorov m’a instrumentalisé », a-t-il ajouté. « J’aimerais que vous mettiez fin à ce cauchemar. »