« On ne savait pas ce qu’il se passait »
« Dans le sas d’embarquement, samedi, à 13 h 30, nous sommes informés d’un retard de vol. Quelques minutes après, on reçoit un message d’alerte nous demandant de rejoindre les couloirs et de nous éloigner des portes vitrées. On a ensuite entendu des bruits d’explosion », racontent ce lundi par téléphone ces Bayonnais, depuis leur hôtel d’Abou Dhabi où ils sont confinés. « On ne savait pas ce qu’il se passait, nous devions simplement rester à l’abri dans le couloir. À ce moment-là, j’avais des angoisses très fortes. Mon mari essayait de rester calme et de me rassurer en me disant qu’on était en sécurité, même si je pense qu’il n’en croyait pas un mot », poursuit Florence, psychologue à Bayonne.
L’aéroport venait d’être pris pour cible dans une attaque de drones et de missiles balistiques iraniens, dont plusieurs ont été interceptés. Une personne a été tuée et sept autres blessées, selon l’organisme qui gère l’aéroport. L’espace aérien a été fermé et l’aéroport entièrement évacué samedi. « Jusqu’à 21 h 30, le temps était suspendu. Nous alternions entre angoisse et espoir de repartir. Il y avait des files d’attente interminables pour les taxis car les voyageurs en transit ont tous été dispatchés dans des hôtels. Notre première nuit a été longue, entrecoupée d’alertes et de bruits d’explosions. »
Attente interminable
Pour l’heure, aucune mesure de rapatriement n’a été annoncée par le gouvernement français. Aucun vol n’est prévu et ils ne savent pas quand ils vont pouvoir rentrer en France. « Nous n’avons aucune information et aucun contact avec le consulat. Nous n’arrivons pas à les joindre. Nous avons eu quelques renseignements au compte-goutte via le fil d’Ariane [un service du gouvernement permettant aux voyageurs de recevoir des alertes et des consignes de sécurité en cas d’événement majeur, NDLR] ou en parlant avec d’autres Français rencontrés à l’aéroport ou à l’hôtel », expliquent-ils. Leurs frais d’hôtels ont été pris en charge par le gouvernement émirati.