l’essentiel
Au 39 bis avenue Honoré-Serres, à Toulouse, la Maison Anaa réunit les savoir-faire d’Afrique et d’Amérique latine. Après un lancement réussi à Noël, ce collectif de femmes doit désormais relever le défi de la fidélisation pour transformer l’essai en succès durable.
À Toulouse, la Maison Anaa offre un véritable passeport pour l’évasion. Située au 39 bis avenue Honoré-Serres, cette boutique a vu le jour sous l’impulsion de trois femmes engagées, Carla Pastor Peralta, Ève M’Lanhoro et Cathy Thuries-Diabate, jusqu’alors voisines de stands sur les festivals. Bien plus qu’une simple enseigne, cette « Association de Nouveaux Artisans Afro-Occitans » (Anaa) se veut une vitrine pérenne à des pièces artisanales autrefois nomades.

Lancée en novembre, la boutique Anaa a aujourd’hui besoin d’un nouveau souffle.
DDM , – Frédéric Charmeux
Aussi, franchir le seuil de la Maison Anaa équivaut à une immersion entre l’Afrique et l’Amérique latine. Le regard s’arrête sur des articles rares, tels que des boîtes à secrets du pays Dogon ou des masques perlés du Mali. Sélectionnées par Cathy Thuries-Diabate, ces pièces composent un inventaire varié qui va des poissons colorés des Bogos aux tissus bogolan, aux portes de grenier sculptées du pays Dogon en passant par des boîtes en cuir finement travaillées.
Un bon début puis un ralentissement
Le voyage se poursuit côté Pacifique avec les créations de Carla, qui façonne de subtils bijoux en nacre et pierres semi-précieuses inspirés des cultures précolombiennes. La boutique dévoile des boucles pendantes, des pendentifs, des bagues et des objets tissés à suspendre, témoignant d’un savoir-faire délicat.
Entre les lampes en tissu wax et les maniques d’Ève M’Lanhoro, la maroquinerie en cuir marin d’Alice Marchal et le café d’altitude de Luciano Avalos Aparicio, chaque produit en vente à la boutique Anaa se fait l’écho d’une tradition séculaire.

La boutique Anaa propose des pièces qu’on ne trouve pas ailleurs.
DDM , – Frédéric Charmeux
Ces pépites, peu communes dans les magasins toulousains, illustrent un engagement fort pour un commerce responsable. « Chaque pièce est unique et soignée. Nous avons fait un gros investissement, même si nous ne sommes pas en centre-ville. C’est un vrai effort collectif entre artisanes et commerçantes », note Carla Pastor Peralta. Pourtant, après un démarrage soutenu le 25 novembre dernier, porté par l’effervescence de Noël et la curiosité des habitants du quartier, le flux de clientèle s’est tari dès la mi-janvier. Ce ralentissement hivernal met désormais à l’épreuve la résilience du collectif, confronté à une nette baisse de fréquentation et à des ventes en recul. « On gagnerait à être plus connu », confirme Carla.

La boutique Anaa regorge de beaux tissus africains.
DDM, – Frédéric Charmeux
Deux rendez-vous majeurs en mars
Loin de baisser les bras, la structure mise sur le mois de mars pour retrouver sa dynamique. Deux rendez-vous majeurs sont attendus : une opération spéciale pour le 8 mars, lors de la Journée internationale des droits des femmes avec des prix avantageux, suivie d’une grande fête du printemps le 21 mars. Ce jour-là, l’échoppe s’animera au rythme d’un groupe afro-péruvien, de dégustations et de jeux-concours. Une occasion idéale pour les Toulousains de découvrir ce lieu unique, situé à proximité du quartier Chalets, afin de pérenniser cet écrin culturel bien au-delà de sa première année d’essai. Sachant que l’accessibilité reste au cœur du projet : des épices à 2 € aux pièces de collection à 300 €, l’évasion s’adapte vraiment à toutes les bourses.
Boutique Anaa, 39 bis Honoré-Serres, à Toulouse. Ouvert du mardi au samedi, de 10 h 30 à 19 h, sans interruption. Tel. 06.03.37.50.20.