« Je ne me sentais pas concerné »
Agé de 60 ans, Balram Dyal cochait toutes les cases du « bon élève » : marathonien, adepte du yoga, végétarien et non‑fumeur. Convaincu que son hygiène de vie servait de bouclier naturel, cet ingénieur de Fréjus, membre de l’association Patients en réseau, a ignoré les courriers de dépistage pendant des années. « Je ne me sentais pas concerné. » En 2019, il finit par sauter le pas. Le verdict est brutal : cancer de stade 3.
Le parcours qui suit est un véritable marathon thérapeutique : chimiothérapie, radiothérapie et une chirurgie lourde entraînant l’ablation de 75 % du rectum. Balram doit alors vivre avec une poche de stomie pendant plusieurs mois. Aujourd’hui, celui qui parcourait les kilomètres ne peut plus pratiquer le sport comme avant. Son quotidien est désormais dicté par un régime alimentaire strict et une contrainte invisible mais permanente : l’impossibilité de s’éloigner des toilettes. Son regret est immense : « J’aurais dû faire mon test deux ans plus tôt. Quand on est malade, c’est tout l’entourage qui souffre avec nous. »
Anne déjà traitée pour un cancer : « On ne doit jamais faire l’impasse sur les autrres dépistages »
Anne Bonijol, Niçoise de 57 ans et également membre de Patients en réseau, pensait elle aussi être « occupée » par une autre bataille. Suivie depuis 2023 pour un cancer du poumon, elle imaginait que la violence de ses traitements « zigouillait tout » sur son passage, la mettant à l’abri d’autres pathologies. Sa prise de conscience a été radicale en côtoyant d’autres malades : « J’ai vu des patients cumuler plusieurs cancers. Ce n’est pas parce que l’on est déjà suivi que l’on doit faire l’impasse sur les autres dépistages », explique‑t‑elle. Son message est un cri de rappel à la vigilance : avoir un cancer n’empêche malheureusement pas d’en déclarer un second, de nature différente.