C’est une grande première à l’ONU. Un Conseil de sécurité lundi n’a pas été dirigé par un ou une diplomate, mais par la Première dame des Etats-Unis. Devant une salle bondée, Melania Trump a en effet présidé l’instance afin de plaider la cause des enfants victimes de guerre.
Melania Trump défend « la paix »
« Les Etats-Unis sont aux côtés de tous les enfants à travers le monde. J’espère que bientôt, la paix sera avec vous », a-t-elle déclaré, deux jours après le début de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran. « Aux familles qui ont perdu leurs héros qui ont sacrifié leur vie pour la liberté, leur courage et dévouement ne seront pas oubliés », a-t-elle également lancé, après les premières morts américaines dans la guerre au Moyen-Orient. Après son dernier coup de marteau, elle a souhaité aux membres du Conseil « force et détermination pour préserver la paix dans le monde ».
A la surprise générale, ses services avaient annoncé la semaine dernière qu’elle entrerait « dans l’Histoire » en présidant cette réunion, alors que les Etats-Unis assurent la présidence du Conseil en mars. « Merci madame la présidente », a lancé l’ambassadrice grecque Aglaia Balta, qui a pris la parole juste après la Première dame.
Selon l’ONU, c’est la première fois que l’épouse ou l’époux d’un président ou présidente en exercice dans le monde préside une telle réunion. Les Etats-Unis ont choisi le thème des enfants, de la technologie et de l’éducation lors des conflits. Un sujet cher à Melania Trump, qui a notamment négocié avec Moscou pour obtenir la libération d’enfants ukrainiens enlevés par la Russie.
Une présence « saluée » par la Russie
Sous-secrétaire générale de l’ONU, Rosemary DiCarlo a rendu « hommage » à la Première dame et « son engagement personnel » pour réunir ces enfants avec leurs familles. L’ambassadeur français Jérôme Bonnafont a décrit sa présence comme un « encouragement, comme le fut voici quelques décennies la contribution d’une autre Première dame, Eleanor Roosevelt, à l’élaboration de la Déclaration universelle des droits de l’homme ». La Première dame a, de manière générale, reçu un accueil chaleureux des membres du Conseil, même de la Russie qui a « salué » sa présence.
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Mais cela suffira-t-il à faire oublier les critiques de l’administration de Donald Trump contre l’ONU ? Cela n’est pas certain. Le président américain a en effet récemment répété que l’ONU avait « un grand potentiel » mais ne l’avait « jamais réalisé », et son ambassadeur aux Nations unies, Mike Waltz, s’en est pris samedi directement au Conseil de sécurité, incapable de faire respecter ses multiples résolutions sur l’Iran.
Analyste pour International Crisis Group, Daniel Forti doute d’ailleurs que cette visite marque un changement d’attitude de l’administration Trump envers les Nations unies. Cela va « seulement renforcer les contradictions inhérentes à la politique américaine sur la guerre et la paix », a-t-il ainsi indiqué avant la réunion.