Par

Jessie Leclerc

Publié le

3 mars 2026 à 8h04

C’est une page qui se tourne pour les bricoleurs rouennais. L’Atelier autonome installé rue Achille-Flaubert à Rouen (Seine-Maritime) a définitivement fermé ses portes au public, le 1er février 2026. Ce lieu de fabrication partagée ouvert pas Paul Métayer et Jean-Sébastien Niel, rejoints plus tard par Étienne, a pourtant marqué la vie locale et fait parlé de lui dans divers événements. Paul nous raconte.

Un projet entre amis

Paul et Jean-Sébastien, c’est d’abord une bonne bande de potes qui ont décidé de travailler ensemble. L’histoire commence après le confinement de 2020. « Je rentrais de Lyon, où je fréquentais un atelier participatif de bricolage. De retour à Rouen, j’ai cherché la même chose, mais j’ai vu que ça n’existait pas », se souvient Paul.

Avec son ami de longue date Jean-Sébastien, équipé d’une imprimante 3D et d’une découpe laser, ils se disent qu’ils tiennent le bon filon. L’idée leur vient d’ouvrir leur propre atelier. Un an plus tard, en 2021, ils trouvent le local idéal sur Leboncoin. « Juste à côté de la Boîte à Gym tenu par une connaissance et avec un tel espace, c’était exactement ce qu’il nous fallait », décrit le gérant. Ils sont ensuite rejoints par leur ami Étienne.

Leur entreprise propose d’abord des réalisations sur mesure pour les particuliers, mais surtout les collectivités territoriales : panneaux d’exposition, mobiliers, jeux… « On avait tout ce qu’il fallait : menuiserie, électronique, informatique… zéro sous-traitance ! », raconte Paul. Leur première commande pour l’exposition Ça Chauffe du Pavillon des Transitions, lance leur activité.

Avec la Métropole de Rouen et ses communes, Paul, Jean-Sébastien et Étienne ont monté de nombreux projets, « parfois, avec un cahier des charges ultra-précis, écrit par des muséographes, parfois, avec des idées super vagues en mode débrouillez-vous ! », se rappelle Paul.

De l’entreprise à l’espace participatif

En 2022, l’Atelier autonome prend un nouveau virage et se rapproche du fonctionnement d’une association. Chaque mercredi soir et samedi, des Rouennais viennent bricoler, réparer, fabriquer… « Certains faisaient du pseudo-bricolage, simplement pour voir du monde, c’était convivial », indique le créateur de l’atelier.

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Et l’initiative tournait plutôt bien, « avec pas loin de 1 000 entrées chaque année ».

L’équipe anime aussi des ateliers, comme avec le collège George Braque des Hauts de Rouen. Elle participe également à des événements culturels : le festival des Chemins de Travers, de l’association des Vagabonds de l’Énergie, sur les quais rive gauche et un concert de musique expérimentale dans l’atelier lui-même avec l’organisation Module Étrange.

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« On a eu un réel engouement, et même deux ou trois personnes qui ont monté leur entreprise après avoir bricolé chez nous », se réjouit Paul.

La fin d’une belle aventure

Mais voilà, les difficultés financières sont là et l’équipe n’a plus d’autres solutions que de baisser le rideau. « On dépendait des collectivités et entre les derniers débats budgétaires, les remaniements ministériels et la fin des mandats avec les municipales en approche, les collectivités ne peuvent plus donner », dénonce le gérant.

Et il n’y a plus de commandes. « On cumule trop de retard sur notre budget prévisionnel, alors on préfère arrêter avant de ne plus pouvoir payer les employés ou le loyer », avoue Paul. Si Jean-Sébastien et Étienne envisagent une nouvelle activité autour de la découpe laser, lui, avance vers l’inconnu : « C’est le flou, je ne sais pas si je reste en Normandie. »

« Ça fait mal au cœur, mais on arrête avant que la situation ne devienne catastrophique, pour rester sur du positif », ajoute l’artisan.

« On finit ce que l’on a commencé »

Si le public n’est plus présent, l’équipe termine sereinement les projets en cours. « On finit ce que l’on a commencé », s’engage Paul.

L’une de leur dernière création est visible dans l’exposition Destination IA, à l’Atrium de Rouen. Un mur interactif de 6 mètres par 3 mètres sur les conséquences énergétiques de l’utilisation de l’intelligence artificielle.

À la recherche d’un repreneur pour le local

Paul, Jean-Sébastien et Étienne espèrent trouver un repreneur pour leur local, dont le bail vient d’être reconduit pour trois ans. « Si un menuisier cherche un espace déjà équipé, qu’il me contacte », explique Paul.

Il est joignable par mail à l’adresse suivant : [email protected]

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