Pour accueillir la conférencière Cécile Loubet à l’Ateul, Marie Penetro avait enfilé sa jupe gitane colorée, copie d’un vêtement de sa muse Frida Kahlo (1907-1954). Ainsi qu’elle l’exprimera devant un public essentiellement féminin, son amour pour l’artiste mexicaine remonte bien loin, avant qu’elle ne devienne une icône mondiale : « Frida et moi, c’est une vieille histoire. Une histoire d’amour. Elle m’accompagne dans chacune de mes œuvres ». Marie Penetro se dira aimantée par la forte personnalité de l’artiste, sa résilience, sa pulsion de vie.

Cécile Loubet, auteure de la pièce « La Dernière Valse » dont Frida Kahlo est l’héroïne, est une familière du Mexique où elle a souvent séjourné, également fascinée par Frida Kahlo, surnommée la « Mona Lisa mexicaine » : « Son image a été dénaturée, loin de son idéal, pour favoriser une dérive mercantile ». Frida Kahlo était une femme engagée, féministe, provocatrice pour pallier une liberté que son corps souffrant ne pouvait lui octroyer. Le poète André Breton dira : « L’art de Frida Kahlo est un ruban autour d’une bombe ».

Son parcours singulier est en lien avec ses ancêtres, elle est métissée indienne par la branche maternelle, allemande du côté paternel. Elle saura faire danser ensemble l’ombre et la lumière. A l’âge de 6 ans, elle est atteinte de poliomyélite (« Frida jambe de bois »), à 18 ans, un accident de bus la laisse « brisée dans tout son corps ».

Une vie de solitude face à un miroir qui va lui permettre ses autoportraits non par narcissisme mais parce qu’elle est le modèle qu’elle connaît le mieux. La conférence, fournie de détails, était illustrée de projections et entrecoupée de lectures faites par une amie de la conférencière, extraites de sa pièce de théâtre.