Par
Rédaction Paris
Publié le
3 mars 2026 à 18h04
Un salon de coiffure et d’esthétique était occupé ce mardi 3 mars 2026, dans le centre de Paris par une trentaine de personnes dont des salariées africaines sans-papiers dénonçant leur « exploitation » par leur employeur, a constaté l’AFP.
Dénoncer les « abus »
Sur le boulevard de Strasbourg dans le 10e arrondissement, au milieu de l’enfilade de vitrines aux têtes à perruques de toutes les couleurs, Bintou et ses cinq autres collègues, chasubles de la CGT sur le dos, sont sorties de l’anonymat pour dénoncer les « abus » de leur patron et « défendre leurs droits ».
Depuis quatre ans, la trentenaire travaille dans ce salon six jours par semaine sur sept, de 10h30 à 22 heures pour 1 300 euros par mois, assure-t-elle. Elle doit en plus verser « 250 euros » pour obtenir chaque fiche de paie qui ne mentionne qu’une dizaine d’heures déclarées, explique-t-elle.
« J’étais obligée, il me disait que c’était parce que j’étais sans-papiers », poursuit l’Ivoirienne en France depuis 2018, qui pensait, grâce à ces bulletins de salaire, pouvoir déposer un dossier en préfecture dans l’espoir d’être régularisée.
Mais il y a quelques mois, elle apprend lors d’une intervention de la police dans le salon, que ses fiches de paie sont fausses, douchant ses espoirs de sortir de la clandestinité.
« J’ai fait trop de sacrifices pendant quatre ans, je ne peux pas me laisser faire », confie Bintou qui avec ses collègues a décidé de se mettre en grève. Elles ont décidé d’occuper leur lieu de travail jusqu’à ce que leur « patron leur rembourse ce qu’il a indûment perçu » et leur paye leurs heures supplémentaires.
Soutenues par le syndicat, elles demandent également leur régularisation auprès de la préfecture, invoquant l’exploitation de leur vulnérabilité. « Cette affaire est emblématique de ce que vivent les personnes migrantes. Plus la législation à leur encontre se durcit, plus il y a un effet d’aubaine pour les patrons voyous », dénonce Gérard Delahaye de la CGT Paris.
Contacté par l’AFP, leur employeur a nié les accusations : « Tout est faux. J’ai voulu aider ces femmes et maintenant cela se retourne contre moi », a-t-il déclaré.
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Avec AFP.
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