l’essentiel
Alertes, explosions, abri sous un parking, Dubaï s’est-il transformée en théâtre de guerre ? Alors que les vidéos d’influenceurs paniqués se multiplient, Vincent Moscato, ancien international de rugby, bloqué lui aussi dans l’Émirat relativise la situation et n’est pas tendre avec les créateurs de contenu. « On n’est pas dans le Dombass ! » Interview.
Dans la série, ça mitraille à Dubaï, on est toujours là ». Avions cloués au sol, détonations, scènes de panique. Vincent Moscato, ancien talonneur de l’équipe de France de rugby et de Gaillac, fait partie des 400 000 Français bloqués dans le Golfe. Entre deux alertes et son émission quotidienne, le gaillard relativise la situation et tacle « cette bande de pompes d’influenceurs », qui filment leur panique sur les réseaux sociaux.
Quelle est la situation à Dubaï en ce moment ?
Pour l’instant, c’est calme, très calme. Il ne se passe pas grand-chose. Ce n’est pas très plaisant, mais je n’ai pas l’impression que la situation soit vraiment bloquée. Il y a bien quelques explosions, mais à l’intérieur de Dubaï, ce n’est pas dangereux. Il faut simplement rester vigilant : quand il y a une alerte, on descend au parking, et voilà. Il vaut mieux éviter de rester trop longtemps dans les tours. J’en occupe une, donc je fais attention. Quand une alerte arrive sur le téléphone, on descend, on attend, puis on remonte. Ce n’est pas dramatique non plus, ce n’est pas le Vietnam, ni John Rambo. Aujourd’hui, il n’y a pas eu d’alerte. Hier ou avant-hier, oui, il y en a eu une ou deux. La dernière fois, on est restés jusqu’à deux ou trois heures du matin au parking. C’est sympa un moment, mais au bout d’un certain temps, on se fait c***r.
Vous relativisez beaucoup la situation. Vous avez le sentiment que c’est plus difficile ailleurs ?
Oui, clairement : en Israël, au Liban, et bien sûr en Iran. Là-bas, c’est vraiment dur. C’est pour ça que j’évite de me plaindre. Ce serait insupportable de le faire. On vit un inconfort, pas un drame. Il faut garder le sens des proportions. On n’est pas devenus le peuple le plus courageux du monde. Il faut arrêter de se prendre pour des héros. Ici, ce n’est pas le Donbass. Il faut redescendre un peu sur terre, se dire qu’on n’est pas grand-chose par rapport à ce qui se passe autour. On a tendance à tout dramatiser, alors qu’on est juste dans une situation d’attente. Ce n’est pas agréable, mais ce n’est pas la guerre non plus.
Certains influenceurs présents à Dubaï ont été critiqués pour leurs réactions. Cela vous agace ?
Les influenceurs qui veulent faire du drama, quelle bande de pompes. On s’en fiche qu’ils n’aient pas dormi de la nuit. C’est une position délicate, mais c’est acceptable, largement acceptable. Chacun réagit à sa manière. Moi, je préfère en rire. On est là, on attend, on fait avec. Pas besoin d’en rajouter.
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Savez-vous quand vous pourrez rentrer ?
Non, pas du tout. On n’a aucune information. C’est un peu pénible, parce que j’ai du travail. J’ai pris mon matériel pour faire mes émissions, donc je continue à les faire d’ici. Tout va bien de ce côté-là, mais c’est quand même contraignant. Je ne peux pas bouger comme je veux. C’est frustrant, mais je garde le moral.
Comment vivez-vous cette attente au quotidien ?
On attend, tout simplement. On est avec Emirates, donc on patiente jusqu’à ce qu’ils nous disent que les vols reprennent. On subit un peu la situation, il ne faut pas s’impatienter. C’est parfois compliqué, parce que je suis quelqu’un d’assez actif, donc la patience, ce n’est pas mon fort. Mais bon, on fait avec. Tout va bien, on va s’en sortir. Il n’y a pas de souci. On n’est pas des artistes qui attendent que le gouvernement nous sorte de là.