Par

Jean-Marc Aubert

Publié le

3 mars 2026 à 18h18

Les jours se suivent et se ressemblent depuis ces dernières semaines dans les deux centres pénitentiaires de l’Hérault, à Villeneuve-lès-Maguelone et à Béziers : des fouilles inopinées, y compris le week-end, s’avèrent payantes et confirment que les drogues, les téléphones portables et autres objets illicites livrés par drone circulent dans des cellules.

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Le record, si l’on peut dire, revient au centre pénitentiaire de Béziers : ce week-end, pas moins de 60 téléphones portables ont été retrouvés, cachés par des détenus ! Les gardiens ont également mis la main sur des stupéfiants, des câbles de chargeurs et un chromecast. « Les cellules contiennent des portables comme s’il en pleuvait, c’est très inquiétant » alerte le syndicat Ufap Unsa Justice de la prison de Béziers, qui tire la sonnette d’alarme depuis plusieurs mois, s’étonnant notamment que le dispositif récemment installé et destiné à brouiller les ondes est inopérant… Cet établissement affiche une surpopulation carcérale récurrente.

« Un véritable concept store »

La situation est identique au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, où les surveillants ne chôment pas. Après des saisies le week-end dernier, comme Métropolitain l’évoqua, ce lundi 2 et ce mardi 3 mars 2026, de nouvelles découvertes d’objets illégaux ont été réalisées. « C’est un véritable concept store pénitentiaire ! », commentent les responsables du syndicat local Ufap Unsa Justice, énumérant les produits confisqués illico :  trois paquets d’herbe de cannabis d’un poids total de 134 g, un pochon de cocaïne de 10 g, quatre paquets de résine de cannabis et 14 barrettes de shit prêtes à la revente pour un poids de 258 g, 4 smartphones, 1 PlayStation4, 3 manettes, 2 clés Amazon, 1 paire d’écouteur sans fil, 3 chargeurs de téléphones et 4 câbles de chargement.

« Cette nouvelle découverte en cellule démontre une fois de plus l’installation, le confort et le trafic organisé par certains détenus. Des fouilles avec saisies sont régulièrement effectuées grâce au professionnalisme, à la vigilance et à l’engagement des personnels. Cette fois-ci, l’ampleur de la découverte franchit un cap inquiétant. Ce que certains tentent d’installer en détention n’a rien d’anodin. Ces agissements deviennent dangereux pour la
sécurité des agents et pour la stabilité de l’établissement. Les personnels refusent que la détention devienne une zone de non droit, gangrenée par les trafics, l’insécurité, les
tensions et les actes de violences qu’ils engendrent », réagissent les délégués syndicaux de l’Ufap Unsa Justice.

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Et de demander des mesures rapides concrètes : « Nous revendiquons des transferts immédiats pour les détenus impliqués, des peines disciplinaires et judiciaires exemplaires, fermes et rapides et une politique de tolérance zéro face aux trafics. Les personnels travaillent avec engagement, sens du devoir et responsabilité. L’administration doit prendre
exemple et se saisir du travail des personnels et réagir sans fermer les yeux face à l’état actuel de la détention ».

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Pour le syndicat FO Justice, ces saisies quasi-quotidiennes chaque mois attestent que « Villeneuve-lès-Maguelone devient un mélange entre « supérette » et « commerce de proximité » en version détention. On y trouve de tout, comme le confirme la découverte d’une scie lundi, de drogues, de téléphones et autres objets mardi, sauf le respect du règlement. Comment parler d’autorités, quand certains transforment leur cellule en « arrière-boutique » ? Pendant que les personnels se battent avec des moyens limités, d’autres semblent bénéficier d’un confort « haut débit ». À ce rythme-là , ce ne sont plus des fouilles, ce sont des inventaires ».

Et d’ajouter : « Si notre prison prend parfois des allures de « droguerie » ou de « catalogue en ligne » nos agents, eux , restent les seuls à garder le nez sur la réalité. Que la direction sache les mettre en lumière et surtout, qu’elle sache reconnaître nos spécialistes à la hauteur de leur engagement ».

1 164 détenus au lieu de 789

La cellule fouillée ce mardi matin par surprise abrite quatre détenus, alors qu’elle est initialement prévue seulement pour deux.. Elle est équipée de trois lits, le quatrième détenu dormant sur un matelas posé au sol. Le centre pénitentiaire dispose d’une capacité théorique de 789 détenus. À ce jour, l’effectif s’élève à 1 164 détenus, dont 95 dorment sur des matelas au sol.

Un des détenus âgé de 33 ans est un condamné en correctionnelle pour menaces de mort réitérées commises sur une personne ayant été ou étant son conjoint. Un autre du même âge purge une peine de prison pour violences sur une personne ayant été ou étant son conjoint, ainsi que pour appels téléphoniques malveillants réitérés. Le troisième, âgé de 28 ans, est visé par une procédure pour transport, usage, offre, cession et acquisition non autorisés de produits stupéfiants, en état de récidive. Et le dernier, de 32 ans, a été condamné pour violences sur conjoint ou ex-conjoint en récidive, ainsi que pour menaces de mort réitérées.

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