De l’extérieur, l’institut Sabadou et Jade ressemble aux dizaines d’autres salons de beauté afro qui ponctuent le quartier de Château-d’Eau, dans le Xe arrondissement de Paris. Mais à l’intérieur du 65, boulevard de Strasbourg, les sèche-cheveux et les flacons de vernis à ongles prennent la poussière depuis ce mardi matin. La dizaine d’esthéticiennes et de coiffeuses viennent de démarrer une grève « illimitée ». « On veut notre argent », scandent-elles devant la vitrine, tracts à la main et gilets rouges de la CGT sur le dos.

Depuis le mois d’octobre, plus aucune d’entre elles ne serait payée. « Le patron nous a embobinées pendant quatre mois en nous disant qu’il allait bientôt nous verser l’argent, mais on n’a jamais rien vu arriver », résume l’une des coiffeuses, qui travaille dans ce salon depuis 2021.