Zona et lit conjugal : contagion, varicelle, VZV en clair

La question tombe au moment de se coucher : faut-il faire
chambre à part ? Le zona inquiète, tant il reste
confondu avec la varicelle attrapée enfant. Le
risque ne se lit pas comme un simple feu rouge ou vert. Il dépend
de l’immunité du conjoint, de l’état des lésions et de quelques
mesures d’hygiène faciles à tenir. La fenêtre critique se joue
surtout les premiers jours.

« Après la guérison d »une varicelle, le virus
varicelle-zona (VZV)
(varicella-zoster virus : VZV) reste
‘endormi’ à la racine des nerfs au niveau de ganglions nerveux »,
explique le site de l’Assurance Maladie, cité par Santé Magazine.
« Une fois la varicelle soignée, le virus s’endort dans l’organisme,
au niveau des ganglions sensitifs, et peut se réveiller un jour »,
ajoute le Dr Marc Perrussel, dermatologue. Ce réveil survient plus
volontiers en cas de fatigue, stress ou baisse des défenses. D’où
l’importance de situer d’abord le problème : réactivation interne,
pas une nouvelle infection.

Dormir dans le même lit avec un zona : dans quels cas est-ce
sans risque ?

Point capital pour le couple : on ne « prend » pas un zona au
contact d’un zona. « Vous ne pouvez pas transmettre le zona à une
autre personne car le zona est une résurgence du virus présent chez
une personne ayant déjà eu la varicelle », écrit l’Assurance
Maladie. Pour un conjoint qui a déjà eu la varicelle ou est
vacciné, le risque de contracter la maladie de son partenaire
n’existe donc pas par simple proximité au lit. Le risque personnel
de zona restera interne, lié à sa propre histoire virale et à son
immunité.

La vigilance change si le partenaire n’a jamais eu la varicelle.
« Les vésicules (cloques remplies de liquide) qui
apparaissent lors d’un zona contiennent le virus VZV. Au contact de
ce liquide, qui, lui, est contagieux, une personne qui n’a jamais
eu la varicelle peut développer une varicelle dans les 15 jours »,
confirme le Dr Marc Perrussel. Concrètement, le danger tient au
liquide vésiculaire qui, porté par une main
souillée vers une muqueuse (yeux, bouche, nez), peut déclencher une
varicelle chez un sujet non immunisé. Le lit devient alors un lieu
de contact prolongé à encadrer.

Phase contagieuse, hygiène et couverture des lésions : les
conditions pour cohabiter

L’éruption de zona dure en général moins de deux semaines. La
contagiosité persiste jusqu’à ce que les vésicules deviennent des
croûtes, autour d’une semaine, parfois 7 à
10 jours
selon l’étendue. Il ne s’agit pas d’une
transmission par l’air ambiant, mais d’un contact avec le liquide
des vésicules via les mains puis une muqueuse. Une fois la croûte
complète acquise, le risque chute nettement.

Au lit, couvrir les lésions change tout. Un pansement propre ou
un vêtement qui recouvre la zone limite fortement le risque ; la
règle pratique consiste à porter la nuit un T-shirt en coton propre
couvrant la zone atteinte, changé chaque soir. Lavage scrupuleux
des mains après tout soin ou grattage, serviettes et gants séparés,
et entretien de la literie au cordeau complètent la protection.
Pendant la phase contagieuse, on change les draps plus souvent et
on les lave à 60 °C.

Conjoint non immunisé, grossesse, bébé
à la maison : faut-il faire chambre à part ?

Certains profils exigent des précautions renforcées. Il faut
protéger les personnes immunodéprimées, les
femmes enceintes non immunisées et les
nourrissons de moins de 6 mois. Dans ces
situations, mieux vaut une vraie chambre à part le temps que toutes
les vésicules aient croûté, avec hygiène stricte et linge de
toilette non partagé. La consigne « mieux vaut ne pas dormir dans la
literie d’autres personnes » s’applique aussi, pour éviter de
souiller un couchage partagé.

Cas d’école utile : épouse avec zona thoracique, mari immunisé
par une varicelle dans l’enfance. En couvrant les lésions et en
respectant l’hygiène des mains, ils peuvent continuer à partager le
lit sans exposer le conjoint à une transmission. L’attention se
porte plutôt sur les proches non immunisés, comme un petit-enfant
susceptible de toucher la peau lésée lors d’un câlin. Une
organisation temporaire suffit, le temps de la phase vésiculeuse,
pour préserver le quotidien du couple et la sécurité de tous.