À la tête du festival Marsatac depuis sa création en 1999, Béatrice Desgranges n’a rien perdu de sa foi, « toujours ». « Notre métier, c’est d’offrir de la joie », dit-elle. Une mission d’autant plus noble que l’époque est peu encline à l’allégresse. Et que le contexte n’est pas favorable à la culture. « Le modèle économique reste tendu », confie-t-elle, énumérant « les cachets mirobolants des artistes, la concurrence des grandes jauges, les frais liés à l’inflation et la difficulté de les reporter sur le prix des billets… » Autant d’arguments qui confirment la situation délicate des festivals qui ne sont pas rachetés par des mastodontes de l’industrie musicale. Et pourtant, Marsatac maintient la barre en 2026, après une édition précédente où il avait fallu réduire la voilure à deux soirées et non plus trois, « dans un souci de pérennité du projet ». Cette année, il renoue avec le dimanche mais dans une formule inédite.
Un dimanche familial et solidaire
Du 12 au 14 juin 2026, le festival retrouve donc le parc Borély (8e) avec un vendredi et un samedi en grand format de 17h à 1h où 15 000 personnes sont attendues. « On a tendance à thématiser les soirées cette année, avec un vendredi de musique urbaine la plus actuelle qui soit pour les 18-25 ans et un samedi plus métissé avec les deux têtes d’affiche Theodora et disiz », détaille Béatrice Desgranges. La nouveauté cette année est un dimanche familial et solidaire, « dans l’esprit de fête populaire » autour des valeurs défendues par le festival.
L’îlot Gambetta à l’horizon 2028
Ce que poursuit Marsatac en 2026, c’est la programmation des Off initiée l’an passé : 15 dates hors les murs, pour la plupart gratuites. « On a rencontré une super adhésion du public, toutes les dates étaient complètes et 80 % du public n’était jamais venu au festival », ajoute-t-elle. C’est dire la « raison d’être » de Marsatac de faire vivre le projet à l’année, porté par l’association Orane. Si le festival se veut être « la vitrine de tout ce qu’on fait », l’attribution d’un lieu serait la consécration, en tout cas c’est « dans la trajectoire » de Marsatac. Et c’est chose faite, le festival a remporté un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour l’occupation de l’îlot Gambetta (avec d’autres structures) qui nécessite des travaux. À l’horizon 2028, l’association Orane disposera d’un lieu « pour prolonger ses actions » et par là même « dynamiser le haut de La Canebière par la culture et les loisirs ».
Marsatac School à destination du jeune public, Marsatac Agency au service des artistes en émergence, La Frappe consacrée à la scène rap locale… le festival porte aussi des actions en faveur des acteurs du secteur, qu’il s’agisse de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles avec Safer que le travail interministériel sur l’évolution du texte du « décret son ». La joie en pleine conscience.
Marsatac du 12 au 14 juin 2026 au parc Borély (8e) à Marseille. marsatac.com
Démarrez la conversation
Votre opinion compte pour nous. Rejoignez la communauté laprovence.com en réagissant sur l’article Marsatac : « Notre métier, c’est d’offrir de la joie », selon Béatrice Desgranges, directrice du festival marseillais.