Par

Zoe Hondt

Publié le

4 mars 2026 à 6h10

C’est un homme qui semble complètement détaché de la situation, à la barre, ce lundi 2 mars 2026. Durant toute l’audience, il garde les bras croisés contre lui, et reste muet. Le prévenu de 34 ans est jugé au tribunal de Lille (Nord) pour violences conjugales et séquestration. Les faits se sont déroulés du 23 au 25 février derniers à Roubaix (Nord), alors qu’il avait interdiction de reprendre contact avec son ex conjointe depuis sa condamnation pour violences conjugales en janvier 2025. Récit.

« Elle a la tête au carré ! »

Coups de pied, insultes, menaces de mort, tête claquée contre les murs… C’est le sort qu’un homme de 34 ans a réservé à son ancienne compagne, le 23 février 2026, à Roubaix. « Il reste chez moi mais on n’est pas en couple. Depuis qu’il est sorti de prison, il est sans abri. » a-t-elle expliqué à la police. Pourtant, l’homme avait interdiction de reprendre contact avec elle pendant deux ans et demi, après son incarcération. « Seule, effrayée et mal logée », elle est allée ce jour-là, chez « la seule personne qu’elle connaît » : un homme qu’elle a fréquenté pendant qu’il était en prison. Le prévenu ,enragé, « a pris son élan pour tenter de casser la fenêtre » du domicile. Muni d’un marteau, le locataire essaye de déloger l’intrus, en vain. L’agresseur tire les cheveux de son ex petite amie et réussi à la ramener de force chez elle. Des faits d’une extrême violence s’ensuivent : l’homme aurait « sauté à pieds joints sur la tête » de la victime.

Pendant deux jours, la jeune femme est séquestrée dans sa chambre, sans téléphone. « Anéantie et épuisée », elle finit par entendre des ouvriers dans le couloir de l’immeuble. Alors que l’homme dormait, elle saisit l’opportunité de fuir. Face à sa détresse, les ouvriers appellent la police et invitent la jeune femme à se réfugier chez sa voisine. L’arrivée des forces de l’ordre met fin au calvaire. L’homme de 34 ans est interpellé, le 25 février, vers 10 heures.

Dans la salle d’audience, les photos de la victimes choquent grandement le public. Deux larges coquards violacés encerclent ses yeux, une dent est cassée et des ecchymoses « de toutes sortes » couvrent l’entièreté de son corps. « Elle a la tête au carré ! » s’exclame le président, indigné par la rare violence dont le prévenu a fait preuve. Sur le visage de ce dernier, aucune émotion ne transparaît. Il affirme au tribunal « ne pas vraiment être quelqu’un de violent ».

Le prévenu à nouveau condamné à de la prison ferme

L’avocate du prévenu le défend tant bien que mal : elle ne souhaite pas minimiser « les violences graves et caractérisées ». Elle plaide une « situation fragile » dans laquelle se trouve son client : « Il a besoin de suivi. C’est très préoccupant, il reproduit le même schéma à chaque fois et banalise la violence. » La victime, absente, n’est pas représentée par un avocat. 

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« Il sait très bien ce qu’il fait, il a eu le temps de réfléchir. » charge le procureur de la République. Selon lui, le prévenu a un « domaine de prédilection » : les violences, souvent aggravées. Il requiert deux ans d’emprisonnement, la révocation d’un précédent sursis à hauteur de cinq mois et une interdiction de contact et de paraître au domicile pendant trois ans. Une requête trop légère pour le tribunal qui condamne finalement le prévenu à trois ans et demi de prison ferme et qui confirme la révocation du sursis probatoire.

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