l’essentiel
Dans la famille des spécialistes, le diabétologue est un allié indispensable pour les personnes atteintes de la maladie chronique. Seulement en Ariège, le nombre de praticiens dédiés se compte sur les doigts d’une main depuis plusieurs années. Le décès de l’un d’eux vient encore resserrer l’étau.
Trouver un diabétologue-endocrinologue, c’est un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin en Ariège. Ça l’est également pour les autres spécialités médicales, très faiblement représentées dans le département. Seulement depuis le 1er février 2026, on ne compte plus qu’un seul diabétologue à temps plein sur le territoire. L’avant-dernier, Serge Denat, est décédé après des années d’exercice dans la ville de Foix, à l’âge de 77 ans.
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En Ariège, il y a environ 10 000 patients atteints de diabète selon les chiffres les plus récents à disposition sur Santé publique France. Un diabétologue pour tout ce monde, cela fait beaucoup aux yeux de l’Association française des diabétiques. « Il y a un manque de personnel sur le département », pose clairement Bernard Montaut, président de la structure occitane. Même au Centre hospitalier des vallées de l’Ariège (CHIVA), établissement de référence, la diabétologie a disparu des services. « Nous n’avons pas de diabétologue », confirme le CHIVA.
Un manque délétère pour les patients
Un médecin pour 10 000 patients, l’écart est déjà bien trop grand. Mais une particularité locale joue les circonstances aggravantes. « C’est un département difficile d’accès et de déplacement, il faut beaucoup de temps pour se rendre d’un point à l’autre », observe Bernard Montaut, considérant ce fait comme une difficulté pour les patients. Se rendre à Laroque D’Olmes, où exerce l’ultime diabétologue à temps plein, cela prend 40 minutes depuis Foix, 50 minutes depuis Pamiers, 1 h 20 depuis Saint-Girons et jusqu’à 1 h 25 depuis Ax-les-Thermes.
Mais même pour les plus courageux ou tout simplement les personnes les plus dans le besoin d’une consultation chez le spécialiste, le problème est ailleurs. Se rendre chez un médecin généraliste est possible, « mais le docteur manque de moyens, déplore Bernard Montaut. Le diabétique doit prendre en compte sa maladie et la comprendre. Éduquer le patient à sa maladie, cela demande du temps. Pour le médecin, il faut des infirmiers, peut-être s’associer avec un coach d’éducation physique adapté, il manque de moyens. »
Toulouse, une option quasi-systématique ?
Reste donc cet ultime praticien en Ariège. Un diabétologue-endocrinologue exerce également au Centre hospitalier Ariège Couserans, à Saint-Lizier, mais à temps partiel. Soit. Mais ce n’est pas assez. « La conséquence sur les patients s’ils veulent se soigner correctement est qu’ils sont de plus en plus envoyés dans les grosses villes », développe Bernard Montaut.
Dans son quotidien, le diabétique de type 1 (cas dans lequel le pancréas a totalement cessé de fonctionner) a besoin d’une consultation régulière, qui ne peut pas être substituée par un rendez-vous en visio aux yeux de Bernard Montaut. « Ça doit être un complément d’une personne bien éduquée à la maladie, mais dans l’échange avec le docteur, on va avoir aussi une différence puisque derrière un écran, le patient a tendance à être moins à l’aise », ajoute-t-il. Mais sans moyen de déplacement, la visite virtuelle est la solution la plus accessible, au moins jusqu’à ce que de nouveaux spécialistes s’installent en Ariège. Cela pourrait arriver. Le CHIVA publie sur son site une offre d’emploi pour un poste de diabétologue-endocrinologue.