l’essentiel
Un premier vol de rapatriement en provenance d’Oman a atterri à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle ce mercredi 4 mars peu avant 3 heures du matin. C’est le soulagement pour les ressortissants bloqués par l’embrasement de la région.
L’émotion était palpable dans le terminal 2E de Roissy ce mercredi 4 mars lors de l’arrivée des 350 passagers de ce « vol hybride » affrété par Air France. Pour beaucoup, le retour marque la fin d’un véritable périple.
« On a fait tout le trajet de Dubaï jusqu’à Oman en taxi, on s’est débrouillées par nous-mêmes, on est heureuse d’être enfin arrivées », confie une passagère à BFMTV. Sandra, une autre touriste, explique avoir dû changer « cinq fois de bus » avant d’atteindre l’aéroport de Mascate : « Un petit peu le parcours du combattant […]. Un moment, on ne voyait plus le bout ».
« Une organisation formidable »
Une centaine de places étaient réservées par le Quai d’Orsay pour les plus fragiles. Présente sur place, la ministre déléguée Éléonore Caroit a précisé au Parisien que ce vol accueillait « en priorité des enfants en bas âge, des personnes âgées, ou des ressortissants ayant besoin d’assistance médicale ».
Une passagère exprime sa reconnaissance : « Très contente d’être là, une organisation formidable à Oman de la cellule de crise, tout le personnel sur place ». Actuellement, 400 000 Français se trouvent dans la zone de conflit initié par les États-Unis et Israël.
Le transport aérien subit un choc sans précédent. En quatre jours, la guerre a provoqué l’annulation de 19 000 vols, soit environ 55 % du trafic prévu. Selon les données de Cirium relayées par Les Echos, près de deux millions de passagers pourraient déjà être affectés. La situation est critique aux Émirats arabes unis, où le taux d’annulation atteint 80 % à Dubaï. La ministre Éléonore Caroit a insisté sur un contexte « très volatil », avec « des espaces aériens qui peuvent ouvrir et refermer, des corridors qui se mettent en place qui peuvent être suspendus ».
La mobilisation internationale s’organise
Face à l’urgence, la France n’est pas la seule nation à agir. Les États-Unis ont déjà annoncé le départ de 9 000 de leurs ressortissants. Eric Lombard, cité par l’Huffpost dans un autre contexte de crise, rappelait que « ces mécanismes sont légaux, mais injustes » lorsqu’ils ne profitent pas à tous, un sentiment partagé par ceux qui attendent encore. De leur côté, l’Allemagne et la Grande-Bretagne préparent également des rotations depuis Mascate, devenue une plaque tournante logistique pour les pays occidentaux.
Pendant ce temps, les compagnies régulières prolongent leurs suspensions. Air France a acté l’arrêt de ses dessertes vers Tel-Aviv, Beyrouth, Dubaï et Ryad « jusqu’à au moins jeudi ». Des compagnies comme Finnair ou Norwegian ont même poussé ces annulations jusqu’à la fin du mois de mars, signe que les perspectives d’une réouverture rapide du ciel moyen-oriental restent très incertaines pour les milliers de Français encore sur place.