Une femme sur trois dans l’UE a subi des violences au cours de sa vie, selon une enquête publiée mardi par l’Agence des droits fondamentaux (FRA) de l’UE et l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE).
«Près de 30% des femmes ont subi des humiliations, menaces ou comportements de contrôle d’un partenaire» et près d’une femme sur dix a «été blessée par son partenaire», a détaillé la FRA dans un communiqué, 17,2% ayant «subi des violences sexuelles».
«8,5% des femmes déclarent avoir été cyberharcelées» et «10,2% surveillées ou traquées en ligne par leur partenaire», a ajouté l’agence, dont le siège est à Vienne, en Autriche, et qui voit les violences en ligne augmenter. L’EIGE est, lui, basé à Vilnius, en Lituanie.
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«Des défaillances systémiques»
L’étude indique que seules 6,1% des victimes d’un partenaire et 11,3% de celles agressées par un non-partenaire saisissent la police. Honte, peur, autoculpabilisation et défiance envers les autorités expliquent en grande partie ce silence.
«Quand les abus sont normalisés ou ignorés, cela reflète des défaillances systémiques. Les États ont l’obligation de prévenir, protéger et garantir l’accès à la justice», a souligné la directrice de la FRA, Sirpa Rautio, citée dans le communiqué. Ce rapport est le second sur les violences faites aux femmes, après une étude publiée en 2014.
Dans certains pays où la collecte des données a été faite, les personnes interrogées pouvaient s’auto-identifier comme femmes, ce qui signifie que les femmes trans étaient autorisées à participer.
Pour aller plus loin
Notre dossier sur les féminicides
Publié le 19 novembre 2025 à 16:10. / Modifié le 19 novembre 2025 à 16:17.
La Convention d’Istanbul pas ratifiée par tous les Etats européens
L’enquête a été menée conjointement par Eurostat, la FRA et l’EIGE, sur la base de plus de 114 000 entretiens de femmes entre 18 et 74 ans, réalisés entre septembre 2020 et mars 2024.
Depuis la première enquête, l’UE a ratifié la Convention d’Istanbul, mais cinq États membres, la Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, la Lituanie et la Slovaquie, ne l’ont pas fait. La Convention d’Istanbul, entrée en vigueur en 2014, est un instrument juridique consacré à la lutte contre les violences faites aux femmes.
Pour aller plus loin
Les objectifs de la Convention d’Istanbul
Publié le 26 septembre 2025 à 15:33. / Modifié le 19 novembre 2025 à 16:03.
La Convention d’Istanbul, adoptée par le Conseil de l’Europe en 2011 et par la Suisse en 2018, est le premier traité international contraignant visant à prévenir et combattre les violences faites aux femmes et la violence domestique.
Elle repose sur quatre piliers: prévention, protection des victimes, poursuite des auteurs et politiques intégrées. Le texte définit clairement les différentes formes de violence (physique, psychologique, sexuelle, mariages forcés, mutilations génitales, etc.) et engage les Etats à les criminaliser. Il instaure aussi un mécanisme de suivi, le Grevio, pour évaluer la mise en œuvre. La convention promeut l’égalité de genre et lutte contre les stéréotypes sexistes.