
Crédit : Hélène Hamon
Monique, une patiente soignée au CHU pour un cancer du côlon, en compagnie de Fanny Foubert
C’est le deuxième cancer le plus meurtrier en France. Le cancer du côlon touche chaque année plus de 47 500 personnes et provoque la mort de 17 000 personnes. C’est pourquoi les pouvoirs publics organisent depuis quelques années un dépistage organisé, ce dernier concerne les femmes et les hommes âgés de 50 à 74 ans, même s’ils n’ont pas d’antécédents ou de symptômes.
Mars Bleu – un mois de prévention du cancer du côlon
Le mois de mars est dédié à la prévention du cancer du côlon. La nouvelle campagne de communication est là pour marquer les esprits. « Va chier », c’est le slogan de cette campagne, avec, cette année, des personnalités comme Franck Dubosc, Marine Leonardi ou Kyan Khojandi qui prennent la pose devant des toilettes. Objectif, inciter la population à faire le test.
Ce mardi 3 mars, le CHU de Nantes organisait une journée de prévention à destination de la tranche d’âge qui peut prétendre au dépistage organisé. Un dépistage à faire chez soi, qui consiste à réaliser un prélèvement de selles, c’est sans doute ce qui a sauvé à la vie de Monique, professeure de yoga à la retraite, qui vient de fêter ses 77 printemps.
« Comme j’étais en forme, je ne voyais pas l’intérêt de faire un test colorectal. J’étais suivie depuis 8-10 ans par un acupuncteur et le 22 février 2023, j’avais une séance. Il me prend les poux chinois pour voir l’énergie des différents organes et me dit « ce serait bien que vous passiez une coloscopie ». Alors je suis restée un peu surprise et je suis allée chez le médecin traitant chercher le test et quatre jours après, le médecin me téléphone en disant « Il faut que vous preniez rendez-vous avec un gastro-entérologue parce que vous avez du sang dans les selles » !
J’ai été opérée, je n’ai pas eu besoin de chimio et de rayons parce que cela a été découvert assez tôt. J’ai eu envie de témoigner pour dire « C’est important de le faire ». Maintenant je suis suivie tous les trois mois pendant cinq ans ».
Monique, sur la voie de guérisonMonique, sur la voie de guérison
« C’est vraiment un test qui peut sauver la vie »
Monique tenait à participer à cette journée de prévention au CHU. Selon les médecins sur place, le dépistage est d’une importance capitale, et pour cause, 80% des cancers du colon se développent de façon sporadique, c’est-à-dire quand on n’a pas d’antécédents familiaux de ce cancer.
Si la réalisation du test peut rebuter, il est indispensable, selon Fanny Foubert, gastro-entérologue au CHU nantais. « Les gens se tournent moins vers le dépistage du cancer du côlon, probablement parce qu’on parle de selles. Ceci dit, c’est un test très efficace, qui permet de détecter des lésions, des polypes ou des cancers à un stade débutant.

C’est vraiment un test qui peut sauver la vie. C’est à partir de 50 ans parce que 95% des cancers du côlon se développent chez les patients à partir de 50 ans. Bien sûr, si on a des symptômes avant 50 ans, il faut aller voir un gastro-entérologue qui vous proposera éventuellement de faire une coloscopie s’il le juge nécessaire ou d’autres examens en fonction des symptômes.
Le test de dépistage est pour la population qu’on considère à haut risque, mais pas à très haut risque. Ça veut dire que c’est pour tous les gens entre 50 et 74 ans. Il ne faut pas se dire que je n’ai pas de symptômes, donc ça ne me concerne pas c’est tout l’inverse. Je n’ai pas de symptômes, donc ça me concerne. Si on n’a pas d’antécédents familiaux, qu’on n’a pas de symptômes et qu’on a entre 50 et 74 ans, le test est tout à fait adapté à cette population ».
Fanny Foubert, gastro-entérologue au CHU de NantesFanny Foubert, gastro-entérologue au CHU de Nantes
Si le test est à destination des gens qui n’ont pas forcément de symptômes, il faut rester vigilant face à certains changements, rappelle Fanny Foubert. « Si on voit du sang rouge ou noir dans les selles, si on a des douleurs abdominales inhabituelles, si on a des modifications du transit, une constipation ou même des diarrhées, il faut aller voir un gastro-entérologue parce que ça peut être des signes de cancer du colon.
Il faut rester vigilant face aux symptômes !
Il faut savoir que le test permet souvent de détecter un cancer à un stade précoce, même un polype, et cela veut dire que le test permet d’éviter d’avoir un cancer. Dans 50% des cas, alors qu’on a un test positif, la coloscopie sera normale et dans les autres 50% des cas, je peux avoir soit un polype, qu’on va me retirer, soit c’est un cancer mais souvent détecté à un stade débutant ».
Fanny Foubert, gastro-entérologue au CHU de NantesFanny Foubert, gastro-entérologue au CHU de Nantes
Quid des pesticides ?
Monique, désormais sur la voie de la guérison, nous partage une conviction personnelle sur les pesticides. Elle en est persuadée : ils jouent un rôle dans le développement des cancers. Et elle aimerait que les pouvoirs publics ouvrent : « j’ai été révoltée quand on m’a trouvé mon cancer, parce que pour moi rien n’est fait pour arrêter ces pesticides qui sont néfastes pour la santé. »
Monique s’interroge sur la relation « entre les lobbies et la médecine ? » et cela la révolte.
Monique, sur la voie de la guérisonMonique, sur la voie de la guérison
Enfin elle a reçu il y a quelques jours, pour son 77e anniversaire, le livre « Cancer Colère » de Fleur Bréteau, figure de la lutte contre les pesticides.
L’autrice sera justement l’invitée de la Librairie La vie devant soi, à Nantes, ce jeudi 5 mars à 19h, puis d’une table ronde sur le lien cancer pesticide ce samedi au Labo Diva.