Par
Jean-Marc Aubert
Publié le
4 mars 2026 à 17h35
Le centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, au Sud de Montpellier fait de nouveau parler de lui : ce mardi 3 mars 2026 , lors du sondage des barreaux au 1er étage du bâtiment A, vers 16 h, deux gardiennes ont fait une découverte plutôt …tranchante : deux couteaux avec une lame en céramique chacun étaient soigneusement dissimulés derrière les barreaux de la cellule, occupée par trois détenus qui purgent des peines après leur condamnation.
« Pas vraiment le genre d’ustensiles fournis dans le « kit cuisine » du parfait détenu », observe ce mercredi 4 mars le syndicat local FO Justice. Qui révèle cette anecdote : « suite à cette trouvaille, les trois pensionnaires, contrariés par la découverte faite par nos deux agents, n’ont rien trouvé de mieux que de chanter à leur manière un véritable inventaire « ornithologique » ! On vous épargne la liste.
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Le syndicat « exige que ces détenus soient présentés au plus vite au quartier disciplinaire pour que la sécurité et le respect des règles soient rétablis. Les surveillants de prison n’ont pas signé pour être des cibles potentielles, ni pour être injuriés ». Les gardiens pourraient porter plainte auprès de la gendarmerie pour insultes.
La saisie de ces deux armes blanches dans les barreaux de cette cellule s’ajoute à celles, nombreuses, réalisées depuis ces derniers mois et lors des dernières semaines, quasiment tous les jours, le week-end compris, à l’occasion de fouilles inopinées qui se multiplient. Des cellules recèlent un stock d’objets illicites : téléphones portables, câbles de recharge, cartes sim, produits de stupéfiants, principalement du cannabis -résine et herbe- et de la cocaïne, consoles de jeux, etc. Un inventaire à la Prévert.
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« Les intrusions se font désormais par les airs grâce à des drones et dès lors, des colis bien remplis sont directement livrés aux détenus demandeurs, d’où d’importants stocks dissimulés », relève un syndicaliste de la pénitentiaire, ajoutant que, « on est bien loin depuis ces derniers mois des quelques objets illicites qui étaient remis lors des visites aux parloirs des familles, où c’est beaucoup plus difficile de les faire passer, les produits les plus recherchés sont livrés directement par drone, la nuit ». D’où ces supermarchés qui fleurissent dans des bâtiments de cet établissement pénitentiaires, comme à la prison de Béziers également : le week-end dernier, 60 téléphones ont ainsi été confisqués dans des cellules, un record.
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Dans la télé, dans le frigo, sous des matelas
Reste cette question face à ces trouvailles qui rythment le quotidien du centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone : comment sont-ils cachés par les détenus ? Et où ? Les endroits sont quelquefois indétectables, inattendus, car improbables. Mais les matons ouvrent l’oeil.
« Les prisonniers ne manquent pas d’imagination et se révèlent d’authentiques artisans avec le peu de matériel qu’ils ont à leur disposition. On l’a vu, des couteaux sont dissimulés dans les barreaux, mais on en trouve également à l’intérieur de la télévision dont une partie est démontée, puis remise en place comme si tout était normal. Nous en collectons aussi sous des matelas, dans des sacs derrière le coin toilettes. Nous en récupérons au fond des chaussures », révèle à Métropolitain, un syndicaliste de la pénitentiaire.
Il précise que, « mais il n’y a pas que ces armes blanches comme vous l’évoquez régulièrement dans vos articles, et de plus en plus souvent, on tombe sur des téléphones portables, des accessoires divers, des consoles de jeux, etc. intégrés dans l’armature de frigidaires, dans des boîtes alimentaires placées dans la télévision. Ils dévissent ces appareils. Des produits livrés par drone, comme les drogues, se trouvent dans les trappes d’aération par exemple. Et il y a aussi des caches dans la cour de promenade », révèle un syndicaliste de la pénitentiaire.
Combines aussi chez les mineurs
Il constate que, « comme nous parvenons à déjouer toutes les combines, y compris dans le quartier des mineurs où des objets illicites sont retrouvés, les détenus inspirés trouvent d’autres plans, ce qui incite les gardiens à redoubler de vigilance et d’être de plus en plus clairvoyants ». Des détenus qui savent que, s’ils sont pris la main dans le pot de confiture, c’est conseil de discipline et poursuites judiciaires. Avec du rab en fin de peine…
« Dès que des stupéfiants sont saisis, même en faible quantité, le procureur de la République de Montpellier est informé, une procédure lui est transmise et une enquête est systématiquement confiée aux gendarmes de la compagnie de Castelnau-le-Lez, compétente pour gérer le centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone. Les prisonniers sont alors entendus, avec des suites judiciaires à la clé.
À les croire, ces produits bienvenus sous la forme d’une « cantine » providentielle tombée du ciel ne leur étaient pas destinés. Dans la garrigue qui entoure le centre pénitentiaire, la traque aux drones est permanente.
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