Dans une mise en scène inspirée de la rue, le designer belge depuis cinq ans à la tête de la griffe française du Space Age réancre son vestiaire dans une contemporanéité qui nous manquait.
«Si je devais donner un titre à cette collection, je l’appellerais “24 heures dans la vie d’une femme Courrèges” » nous expliquait lundi Nicolas Di Felice, le directeur artistique dans les bureaux historiques de la maison française rue François 1er. Deux jours plus tard, le défilé hiver 2026-2027 se déroule au Carreau du Temple dans une scénographie nouvelle.
«Cette fois-ci, nous avons changé la mise en scène. Nous avons refermé notre carré habituel, explique le designer qui avait pris l’habitude de présenter ses collections sur un podium à quatre côtés. Je voulais aussi donner un sentiment de foule, c’est pour cela que les filles passent très près du public. D’habitude, le show est plus contemplatif, vu de loin.» Et plus conceptuel aussi.
Collection automne-hiver 2026-2027 Courrèges
Courrèges
Quand le premier mannequin, enroulé dans un drap de satin blanc, arpente ce faux tronçon de trottoir, le bruit d’un réveil retentit. Puis, cette femme Courrèges enfile un track suit ajusté et se fait une jupe avec son drap de satin. La bande-son (fabuleuse) signée Erwan Sene diffuse des bruits de radio, de pas et de ville.
Les filles avancent, altières, sur le bitume factice dans leurs manteaux d’Albator en vinyle noir, en cuir stretch, en coton épais à superposer, leurs robes trois trous plissés en tulle plastifié et leur total look pantalon en denim caviar, jupes ticket de métro.
Le premier rang à faire pâlir d’envie n’importe quelle marque de mode en mal de cool (la Césarisée Vimala Pons, l’Artiste Masculin de l’Année aux Victoire de la musique Disiz, les idoles des jeunes et de TikTok Adèle Castillon et Eva, Myha’la Herrold l’héroïne de la série phénomène Industry et pour le quota K-pop, deux membres de groupe Boys Next Poor) a le nez dans les vêtements.
Défilé automne-hiver 2026-2027 Courrèges.
Courrèges
Du matin jusqu’au soir, le natif de Charleroi décline toutes les catégories de produits. Dans une gamme de couleurs sombre (portable donc) en multipliant les effets de matières, ce qui donne du corps à l’ensemble. Seule exception, un jaune citrus inspiré du smiley, emblème de l’acid house, pour un fourreau ticket de vestiaire pour reine du dance floor. Au final, les filles repassent dans leur look passé au blanc optique. «Le blanc c’est Courrèges,» nous lance Nicolas Di Felice, comme une lapalissade.