En juillet 2025, dans un village proche de Montpellier, la chienne malinois Athéna avait été découverte morte, très amaigrie et une chaussette dans l’intestin, au domicile de son propriétaire. Jugé ce mardi 3 mars au tribunal correctionnel pour abandon d’animal domestique, ce dernier a été condamné à une peine d’emprisonnement avec sursis. Il lui est désormais interdit, à titre définitif, de posséder un animal.

Un Montpelliérain de 19 ans a été condamné, ce mardi 3 mars au tribunal correctionnel, à dix mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans et interdiction définitive de détenir un animal, pour abandon volontaire d’un animal domestique ayant entraîné la mort. En juillet 2025, sa jeune chienne malinois, Athéna, avait été découverte sans vie à son domicile. L’autopsie avait révélé un très mauvais état général, un amaigrissement extrême et la présence d’une chaussette dans son intestin grêle.

Les voisins donnent l’alerte

Les voisins avaient alerté les gendarmes en raison d’une mauvaise odeur qui se dégageait de cet appartement de Saint-Géniès-des-Mourgues, un village situé entre Montpellier et Lunel. Le locataire étant absent, les militaires avaient cassé la porte et étaient tombés sur le cadavre de la chienne. L’examen médico-légal avait conclu à un décès datant de plus de 72 heures.

Dès le mois de février 2025, les gendarmes de la compagnie de Lunel avaient reçu un signalement au sujet de l’animal, via la plateforme Masecurité. Le jeune propriétaire avait été entendu sur des faits présumés de privation de nourriture et d’eau, et de maintien d’un animal dans un habitat pouvant être cause de souffrance. À la suite de cela, un suivi de six mois par une structure de protection animale avait été prononcé, afin de s’assurer du bien-être de la chienne.

« Elle hurlait à la mort. C’étaient des cris de solitude »

Une enquêtrice de la Fondation Brigitte Bardot avait rencontré le propriétaire à plusieurs reprises. Elle avait trouvé la chienne « en sous-poids » et ses sorties « trop peu nombreuses », sans pour autant imaginer une telle issue. Si aucune trace de coup n’a été décelée lors de son autopsie, les témoignages des voisins attestent qu’Athéna était régulièrement laissée seule dans l’appartement. « Elle hurlait à la mort. C’étaient des cris de solitude. Elle grattait à la porte », confiaient-ils à Midi Libre en juillet dernier.

L’avocate du jeune homme, Me Zoé Chappa, insiste sur le fait que son client « n’est pas animé par la cruauté ». « Au début, il prenait soin de sa chienne, l’emmenait chez le vétérinaire. Il dit aussi qu’il lui a toujours donné à manger et à boire. Mais il a été dépassé. Les faits s’inscrivent dans un contexte particulièrement difficile, où il faisait face à des problèmes familiaux, en plus de son travail de 35 heures par semaine. Sa mère était gravement malade et il a pris son relais pour s’occuper de ses petites sœurs, qu’il emmenait à l’école, faisait manger. Cependant, il affirme que sa chienne n’est jamais restée seule plus de 24 à 48 heures ».

Ficher les personnes condamnées

Pour Stéphane Lamart, de l’association de protection animale éponyme, partie civile dans ce dossier, « la décision rendue par le tribunal est satisfaisante. Je salue l’interdiction définitive de détenir un animal, même s’il aurait pu y avoir une peine d’emprisonnement ferme. Le Code pénal n’est jamais appliqué à la lettre ». Le responsable se dit favorable à des peines dissuasives, « pour enrayer la misère animale et éviter toute récidive, car une personne condamnée peut refaire surface dans un autre département quelque temps après ». Stéphane Lamart précise que son association « est à l’origine du fichage de ces personnes ». « Nous avons formulé 28 propositions de loi. Nous faisons remonter les carences, afin de boucher les trous dans la raquette ».

« Il vivra avec la honte et le regret »

Dans le cadre de sa condamnation, le propriétaire d’Athéna devra verser à l’association Stéphane Lamart 500 € au titre du préjudice moral et 1 000 € au titre de préjudice animalier, ainsi que 800 € de frais d’avocat. « Lors de l’audience, mon client a pu parler et s’expliquer. Il vivra avec la honte et le regret. Il accepte la sanction et comprend parfaitement le sens de cette peine », conclut l’avocate du jeune homme.

« Acquise en mai 2024 via le site Leboncoin »

« Les investigations démontrent que le mis en cause avait acquis la chienne en mai 2024 via le site Leboncoin », indique dans un communiqué l’association Stéphane Lamart, partie civile dans cette affaire. « Chaque mois, des animaux cédés via cette plateforme se retrouvent victimes de maltraitance grave. Il est impératif que des mesures strictes et réellement dissuasives soient mises en place pour encadrer la vente d’animaux en ligne ».