D’après Dominique Schelcher, les automobilistes sont de plus en plus nombreux à se présenter dans les stations-service depuis la fin de la semaine dernière, le double de fréquentation « par rapport à l’habitude chaque jour ».
Publié le 05/03/2026 07:46
Mis à jour le 05/03/2026 07:59
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Il n’y a « pas d’inquiétude sur les stocks », assure le PDG de Coopérative U (illustration). (Christine DUMAS / MAXPPP)
« Le grand gagnant dans cette affaire, c’est qui ? C’est l’Etat », estime jeudi 5 mars sur franceinfo Dominique Schelcher, président-directeur général de Coopérative U alors que la fréquentation des stations-service connaît une forte hausse, depuis quelques jours, en raison de la guerre au Moyen-Orient.
« Plus de 51% du prix que vous payez à la pompe, part directement dans les poches de l’Etat. Il n’y a pas de sujet de marge de la distribution », ajoute-t-il, alors que le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait prévenu mercredi sur franceinfo que les distributeurs « entendraient parler de [lui] » si des hausses abusives des prix à la pompe étaient constatées.
Dominique Schelcher lui répond en rappelant que « l’essentiel du prix du carburant, ce ne sont pas les marges des distributeurs, mais les taxes ». Selon lui, la répartition du prix d’un litre de carburant se compose d’environ 40% pour la matière première, 10% pour la logistique et plus de 50% pour la fiscalité.
Le dirigeant de Système U souligne que le carburant reste un « produit d’appel » et que les enseignes cherchent à rester compétitives, notamment autour du seuil symbolique des « 2 euros le litre ». « On fait tout dans nos stations pour rester en deçà, mais il y a une réalité économique : nous devons aussi couvrir nos charges », précise-t-il. Concernant d’éventuelles opérations à prix coûtant, Dominique Schelcher assure que le groupe est « prêt à tout pour accompagner ses clients » et reste « mobilisé pour proposer le prix le plus compétitif », suivant l’évolution des marchés « au jour le jour ».
Mais Dominique Schelcher se veut rassurant : il n’y a « pas d’inquiétude sur les stocks », « aucun signe d’inquiétude à avoir à ce stade », concernant l’approvisionnement en carburant des stations-essence en France. « Il n’y a pas de nécessité aujourd’hui à se précipiter à la station », déclare le dirigeant, précisant que « depuis la fin de la semaine dernière, la fréquentation est forte et bat des records ». « On double la fréquentation par rapport à l’habitude chaque jour », précise-t-il.
Selon lui, ce regain d’activité s’explique à la fois par « la volonté de faire des économies avant les hausses » de prix et la « crainte » qu’il n’y ait plus de carburant dans les prochains jours. « Il y en aura, c’est sûr », insiste-t-il. « Moins il y a de panique, moins il y a de ruptures », ajoute Dominique Schelcher, appelant les automobilistes au calme.
Roland Lescure doit recevoir ce jeudi matin les principaux distributeurs de carburant à Bercy. Cette réunion intervient alors qu’une hausse « de quelques centimes » a été observée sur les prix des carburants en France, dans un contexte de tensions géopolitiques liées à la guerre au Moyen-Orient.