Christian Brousseau, enseignant-chercheur spécialiste en onde électromagnétique à l’université de Rennes, dévoile le fonctionnement des radars automobiles fixe classiques, de l’importance de leur orientation à leur faculté de distinguer des véhicules roulant de front.

Comment un radar fixe classique détermine la vitesse des voitures ?

L’appareil est équipé d’une antenne conçue pour émettre une onde avec une fréquence de l’ordre de la dizaine de gigahertz, explique Christian Brousseau, enseignant-chercheur spécialiste en onde électromagnétique à l’université de Rennes.Elle n’est pas audible par l’oreille humaine. Ce signal va être réfléchi sur le véhicule et selon la vitesse à laquelle ce dernier se déplace, la fréquence reçue en retour par l’antenne sera décalée. C’est ce que l’on appelle l’effet Doppler-Fizeau. Ce décalage est lié à la vitesse de déplacement du véhicule. Le traitement du décalage permet de déterminer la vitesse de l’automobile.

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Comment expliquer la marge d’erreur sur la vitesse relevée ?

En France, une marge de 5 km/h est décomptée, au bénéfice du conducteur, de la vitesse enregistrée en dessous de 100 km/h. Au-delà, cette marge est de 5 %, soit 6,5 km/h quand la vitesse est limitée à 130 km/h. Cette tolérance est expliquée par l’angle de l’axe de prise de mesure du radar. Il est positionné à 25° par rapport à l’axe de la route », précise Christian Brousseau. Un agencement que l’État a fixé dans un décret datant de 2001. Sauf que les véhicules peuvent dériver. Leur direction par rapport à l’axe du radar peut être à 24° ou à 27 °. Une différence de 2° peut entraîner jusqu’à 9 % d’écart sur la vitesse mesurée.

Comment distinguer deux véhicules roulant de front ?

Avant 2016, les radars automobiles fixes classiques n’étaient pas capables de distinguer deux véhicules côte à côte lors de la mesure de vitesse. Des technologies de discrimination ont depuis été ajoutées sur certains modèles. L’une d’elles consiste à envoyer l’onde par intermittence sur chaque voie. On commute à gauche puis à droite toutes les demi-secondes , indique le chercheur. Une autre technique repose sur plusieurs antennes qui travaillent à des fréquences différentes, ce qui permet d’isoler chaque objet en mouvement ».