François Villeroy de Galhau reconnaît que l’économie mondiale fait face à « une accumulation de chocs qui crée une très grande incertitude et une très grande imprévisibilité ». Une situation, qui selon lui, dépendra de la durée du conflit.

Publié le 05/03/2026 09:48

Mis à jour le 05/03/2026 11:12

Temps de lecture : 4min

Le gouverneur de la Banque de France Francois Villeroy de Galhau, le 3 février 2026. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le gouverneur de la Banque de France Francois Villeroy de Galhau, le 3 février 2026. (LUDOVIC MARIN / AFP)

« Nous suivons d’extrêmement près la situation parce qu’elle est sérieuse, mais il est trop tôt pour en tirer des prévisions économiques », déclare François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, jeudi 5 mars sur France Inter, alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans son sixième jour. Il reconnaît que l’économie mondiale fait face à « une accumulation de chocs qui crée une très grande incertitude et une très grande imprévisibilité ».

Concernant les marchés financiers, François Villeroy de Galhau l’assure : à ce stade, « la stabilité financière n’est pas en risque ». « Je peux le dire très clairement, cela fait partie des choses que l’on sait », ajoute-t-il. Par ailleurs, « le dollar s’est renforcé en trouvant sa valeur refuge », explique-t-il.

En ce qui concerne la France, François Villeroy de Galhau estime que « nous n’avons pas de récession et nous n’aurons pas de récession », il compte sur la « capacité de résilience et d’adaptation » de l’économie comme lors des précédents « chocs » du Covid-19, de la guerre en Ukraine, des tensions commerciales avec la Chine ou encore des droits de douane américains. Il estime seulement que la guerre peut « entraîner un peu plus d’inflation et un peu moins de croissance », mais que cela « dépendra de la durée du phénomène », de la durée du conflit. « Est-ce qu’on a un phénomène temporaire ou est-ce qu’on a un phénomène durable d’appréciation des prix ? La réponse, on ne la connaît pas », admet-il. Pour le moment, François Villeroy de Galhau « ne voit pas de raison pour laquelle, à la BCE, nous devrions monter nos taux d’intérêt ».

La Banque de France suit donc « avec une très grande attention les développements sur les prix de l’énergie et sur les marchés financiers ». « La situation ce (jeudi) matin, c’est une augmentation des prix du pétrole d’environ 15% depuis trois jours et une augmentation plus forte des prix du gaz à un peu plus de 50% », observe François Villeroy de Galhau. Il rappelle que pour le prix du gaz, « on partait d’un niveau très bas » et qu’il est loin d’atteindre actuellement « les niveaux atteints au moment de la guerre en Ukraine ».

« 2026 n’est pas 2022 », certifie-t-il, ce choc inflationniste étant alors survenu en sortie de Covid, et s’étant étendu à l’époque à l’ensemble des matières premières. Le gouverneur de la Banque de France rappelle aussi « que le prix du pétrole est nettement plus important pour l’économie française que le prix du gaz, parce que le gaz sert beaucoup pour le chauffage et on est en train de sortir de l’hiver ».

Mercredi, Marine Le Pen, cheffe des députés Rassemblement national (RN), a proposé de baisser les taxes sur les carburants pour compenser les hausses des prix dans les stations-service. Tout comme la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, le gouverneur de la Banque de France pense qu’il est « tout à fait prématuré d’envisager des choses de ce type », il n’y voit pas de « justification » et il rappelle « qu’aucun (autre) pays n’envisage de le faire aujourd’hui ». Avant de mettre en œuvre ce genre de mesure, il y a donc « une clarification à faire » sur la situation. Par ailleurs, « nous n’avons pas d’argent supplémentaire pour aller subventionner le prix de l’essence« , pointe le gouverneur de la Banque de France.

Le sujet de la guerre au Moyen-Orient et ses impacts sur les marchés sera abordé en réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, les 18 et 19 mars, où « de nouvelles prévisions pour la France et l’Europe seront abordées ». François Villeroy de Galhau rappelle aussi que la Banque de France publiera ses prévisions dès le 26 mars.