En plein cours, un jeune de 13 ans a sorti un opinel pour poignarder à plusieurs reprises un autre élève. Blessé au ventre et à l’épaule, ce dernier est sérieusement atteint mais n’est plus en urgence absolue.
Mercredi matin, un jeune élève de 13 ans a semé l’effroi dans le collège public Beauregard de La Rochelle en poignardant à plusieurs reprises un autre adolescent avec un opinel. L’agression s’est déroulée autour de 9h30, en plein cours de physique-chimie. L’élève de quatrième s’est levé et a porté des coups de couteau à la victime au niveau de l’épaule et du ventre. Leur professeure s’est interposée et l’agresseur a été «rapidement pris en charge» par le personnel éducatif. Il a ensuite été interpellé par les policiers du commissariat de La Rochelle et placé en garde à vue du chef de «tentative de meurtre», a précisé le parquet de La Rochelle.
Après une première journée d’interrogatoire, les raisons de son passage à l’acte commencent à affleurer. «Auditionné longuement par les enquêteurs, il a dit avoir agi par vengeance contre la victime qu’il n’appréciait pas depuis plusieurs années, la victime et le gardé-à-vue se connaissant depuis la primaire», a fait savoir ce jeudi matin le procureur Arnaud Laraize dans un communiqué.
La garde à vue du jeune homme, né en 2012 et sans antécédent judiciaire, a été prolongée afin de poursuivre les interrogatoires et de mieux comprendre l’environnement dans lequel il évolue. «Il apparaît avoir été victime lui-même de violences dans son enfance et être attiré par des idées extrémistes et violentes depuis quelque temps», a ajouté le procureur.
La victime n’est plus en urgence absolue
La victime a rapidement été prise en charge par les secours qui l’ont transportée au centre hospitalier de La Rochelle. Au cours des dernières heures, l’adolescent a été opéré et «aucun organe n’a été touché par la perforation provoquée par l’arme blanche. Son état est désormais stable et la victime n’est plus en urgence absolue. Elle va pouvoir être entendue par les enquêteurs», est-il précisé dans le communiqué. Le rectorat a mis en place une cellule psychologique au sein du collège.
«Ces actes sont inqualifiables (…) Toutes les suites, disciplinaires comme judiciaires, devront être prises avec la plus grande fermeté. L’École doit rester un lieu de protection absolue pour nos élèves comme pour les personnels», a réagi sur son compte X le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray. La veille dans le département voisin des Deux-Sèvres, un élève s’était introduit avec un couteau dans son collège de Niort, avant de le voir «immédiatement confisqué» par le personnel éducatif. Cet élève, qui va être présenté en conseil de discipline, a expliqué «qu’il voulait se défendre d’une menace (…) après un différend avec un autre élève», selon le rectorat.
Le nombre d’armes blanches dans les écoles en hausse
Plusieurs agressions au couteau ont eu lieu ces derniers mois dans des établissements scolaires. Des enseignants ont été blessés à Sanary-sur-Mer (Var) en février, Benfeld (Bas-Rhin) et Antibes en septembre. Une surveillante avait été tuée à coups de couteau à Nogent (Haute-Marne) par un adolescent de 14 ans en juin 2025 et deux mois plus tôt, un lycéen avait tué une adolescente de 15 ans et blessé trois autres personnes dans un lycée de Nantes.
Face à la recrudescence de signalements d’armes blanches dans les écoles, en hausse de 15% entre février 2024 et février 2025 selon le gouvernement, les contrôles de sacs ont été renforcés et plus de 500 armes blanches ont été saisies entre mars et décembre derniers. Selon le ministre, 107 opérations de fouilles de sacs ont été menées depuis le début de l’année scolaire en Charente-Maritime, département où a eu lieu l’agression mercredi, «dont une aux abords de ce collège avant les vacances d’hiver».