Sur smartphone, des jeux et applis promettent de muscler la
mémoire comme on fait des abdos. Une industrie du brain training
vend l’idée qu’un écran peut stopper le déclin
cognitif. Les études sont bien moins enthousiastes : on
progresse surtout dans le jeu lui‑même, sans nette amélioration de
la pensée au quotidien.
À l’inverse, une grande étude menée pendant dix ans auprès
d’environ 29 000 personnes de plus de 60 ans a montré que celles
qui cumulaient six habitudes simples – bouger, voir du monde,
stimuler leur esprit, bien manger, limiter alcool et tabac –
ralentissaient nettement le déclin de leur mémoire. Les plus vifs
partagent surtout cinq réflexes très concrets.
Pourquoi garder une pensée acérée après 60 ans ne se joue pas
sur écran
Le cerveau n’a pas seulement besoin d’exercices, mais de vraies
situations humaines où le cortex préfrontal
planifie, décide, ajuste. Une conversation où quelqu’un vous
contredit oblige à suivre le fil, lire les mimiques, chercher des
arguments. Diane, 64 ans, entrée dans un cercle de philosophie, le
résume ainsi : « Je me suis sentie stupide pendant les trois
premiers mois », a raconté Diane à GEEditing. « Et c’était la
meilleure chose qui soit arrivée à mon cerveau depuis des années »,
a‑t‑elle ajouté.
À l’opposé, la solitude chronique agit comme un bruit de fond.
Elle augmenterait d’environ 30 % le risque de démence, via un
stress constant qui maintient le cortisol élevé et fragilise
l’hippocampe, centre de la mémoire. Un mauvais
sommeil répété ferait grimper le risque de troubles de la mémoire
d’environ 30 %. Les esprits les plus vifs protègent donc leurs
liens et sortent régulièrement de chez eux.
Cinq habitudes étonnamment simples des seniors à l’esprit
vif
Autre différence, leur manière de bouger. Quand l’activité
demande équilibre et coordination, comme la danse, le tai‑chi ou le
tennis, le cervelet travaille aussi pour la
pensée. Graham, 67 ans, qui s’est mis à la salsa, en sourit : « Je
suis nul à ça. Mais je sens mon cerveau transpirer », a‑t‑il
confié.
Ces seniors ne se contentent pas de “profiter de la vie”. Ils se
fixent un but précis : encadrer deux jeunes en bénévolat, écrire
l’histoire de leur famille, lancer un atelier. Ce type de projet
mobilise la réserve cognitive : il faut planifier,
décider, gérer les imprévus. Et ils acceptent d’être débutants,
qu’il s’agisse d’apprendre une langue, un instrument ou une
technologie, misant sur la neuroplasticité du
cerveau à tout âge.
Esprit vif après 60 ans : une façon
différente d’organiser ses journées
Beaucoup protègent aussi leurs matinées. Ils évitent le
smartphone au réveil et réservent ces heures où l’attention est
maximale à lire, écrire, avancer sur leur projet ou avoir une vraie
conversation. Leur “entraînement” n’est pas un jeu, mais une
organisation de vie qui continue à demander quelque chose à leur
cerveau.