Après la mort d’Ali Khamenei, l’Iran se cherche un nouveau guide suprême. Et le régime des mollahs veut faire vite, souhaitant désigner « dès que possible » un successeur à l’ayatollah, tué le 28 février dans des frappes américano-israéliennes à Téhéran. Parmi les prétendants au titre, plusieurs noms circulent depuis plusieurs jours. Comme ceux d’Alireza Arafi, l’un des trois membres du conseil d’intérim ; du conservateur Mohsen Araki ; ou celui d’Hassan Khomenei, le petit-fils de l’ayatollah Khomenei, le fondateur de la République islamique.
Mais c’est surtout le nom de Mojtaba Khamenei qui circule comme favori à la succession de son père. Selon Iran International, média en exil hostile au pouvoir à Téhéran, l’homme aurait déjà été désigné, même si son intronisation n’a pour l’heure pas été confirmée par les médias d’État. Âgé de 56 ans, Mojtaba Khamenei est l’un des six enfants de l’ancien guide suprême et le seul à avoir une position publique, sans avoir de fonction officielle.
Il dispose déjà d’une influence considérable
Très discret, il aurait déjà une influence immense dans le pays grâce notamment à ses liens tissés avec les Gardiens de la révolution. Certains présentaient ce partisan d’une ligne dure comme le véritable patron, agissant en coulisses dans le bureau de son père. Dès 2019, le Trésor américain, qui l’avait visé par des sanctions, indiquait ainsi que Mojtaba Khamenei « représentent le Guide suprême à titre officiel, bien qu’il n’ait jamais été élu ni nommé à un poste gouvernemental, en dehors de ses fonctions au sein du bureau de son père. »
Ali Khamenei « a délégué une partie de ses responsabilités de direction » à son fils, « qui a travaillé en étroite collaboration avec le commandant de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique ainsi qu’avec la force de résistance Bassij afin de faire avancer les ambitions régionales déstabilisatrices de son père et ses objectifs intérieurs répressifs », ajoutait le Trésor américain sur son site.
A la tête d’une immense fortune
Portant une barbe poivre et sel et le turban noir des « seyyed », les descendants du prophète Mahomet, Mojtaba Khamenei, né le 8 septembre 1969 dans la ville sainte de Machhad, serait à la tête d’une fortune colossale. Selon Bloomberg, le fils de l’ex-guide suprême se serait fortement enrichi en tissant un vaste réseau de sociétés écrans à l’étranger. Il disposerait ainsi de biens immobiliers à Londres, d’une villa à Dubaï et d’hôtels haut de gamme à Francfort (Allemagne) ou à Majorque (Espagne).
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Sur le plan religieux, il a étudié la théologie dans la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran, où il a également enseigné. Il a atteint le rang d’hodjatoleslam, un titre donné aux clercs de rang intermédiaire, inférieur à celui d’ayatollah qu’avaient son père et Rouhollah Khomeini.
Son épouse également tuée dans les frappes
S’il venait à être désigné guide suprême, Mojtaba Khamenei, qui a également perdu son épouse Zahra Haddad-Adel dans les frappes, deviendrait alors « une cible » à abattre pour Israël. « Tout dirigeant nommé par le régime terroriste iranien sera une cible sans équivoque pour élimination », a affirmé mercredi Israël Katz, ministre de la Défense israélien.